L’animation en institution : quels enjeux pour la personne âgée ?

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Article rédigé par Eric Denoyer, Gérontologue Ingénieur Social, 26 novembre 2014 Consulter son profil complet

Accompagner aujourd’hui des personnes âgées dépendantes en institution médico-sociale  relève d’une mission qui s’inscrit dans une relation d’adulte à adulte et doit nous rappeler qu’une personne âgée est avant tout une personne, singulière, quel que soit son état de santé physique ou mental.

L’animation : de quoi parle-t-on ?

 
D’un point de vue très théorique, l’animation est souvent rattachée à la notion de vie sociale, ou encore d’activités. Si l’étymologie du terme animation est « donner la vie », alors plusieurs dimensions de l’individu sont concernées et doivent donc être prises en compte.
 
  • L’animation du quotidien permet d’accompagner à vivre tous les jours afin de renforcer une image de soi parfois fragile ;
  • L’animation des habitudes de vie renforce le sens que chacun donne à sa vie, fut-elle en institution. Ces habitudes de vie et leur animation contribue à garder un cap dont la personne âgée a besoin pour maintenir des repères ;
  • L’animation récréative encourage à être, à s’exprimer et à exister pour continuer à se réaliser ;
  • L’animation émotion permet une prise en soin relationnelle pour des personnes âgées ayant de grandes difficultés communicationnelles par le biais de « l’être » (savoir-être).
Le rôle de l’animation serait donc bien de créer les conditions relationnelles et matérielles en vue de permettre à chaque personne de continuer son parcours en restant au plus proche de ses centres d’intérêts, de sa personnalité, de son histoire de vie. Nous sommes alors bien loin d’une approche seulement occupationnelle. Cette dernière prend, trop souvent encore, en considération l’intérêt de l’institution, voire de l’entité « groupe social » bénéficiaire du projet d’animation. L’individu s’efface alors au profit de l’identité groupale.
 
Combien de fois pouvons-nous entendre « Ça ne me plait pas, je ne comprends pas pourquoi on m’oblige à aller à l’animation, je n’aime pas les gens avec qui je suis… ». Ces paroles nous interpellent sur notre capacité en tant que professionnels à adapter les activités servant la dynamique d’animation et sur notre capacité à accepter le refus ou le désaccord d’une personne quant à l’intérêt – pour elle – de l’activité proposée.
 

Le droit au choix du Sujet

L’arrivée en institution peut être vécue comme un choc important dans un parcours de vie. Passer du domicile à une vie en collectivité est une étape douloureuse pour certains. Les professionnels doivent alors porter une attention très particulière à la qualité de l’accueil et au sens qu’il faut trouver pour accepter au mieux la vie en maison de retraite. Le parcours en institution doit commencer bien avant l’arrivée effective. L’animation reste un outil au service de l’accompagnement de chaque personne accueillie. A ce titre, la parole de chacun doit être recueillie et le choix de chacun respecté quant à ses envies et centres d’intérêt. L’animation fait partie d’un tout, permettant une approche globale de la personne âgée pour une prise en soin optimale. Elle s’articule autour d’autres éléments tels que le temps du repas, le temps de la toilette, le temps social…
 
S’adressant à la personne âgée en tant que Sujet, l’animation (et donc l’animateur) a pour mission de proposer les activités en fonction des paroles recueilles et de laisser le CHOIX d’y participer ou non. L’animation s’inscrit dans la logique du travail pluridisciplinaire attendu dans le cadre de la loi de janvier 2002, laquelle renvoie aux droits fondamentaux des personnes vulnérables.
 

Permettre une adaptation de la réponse (professionnelle et relationnelle) aux besoins de chacun.

Pour exister, l’animation réunit plusieurs éléments : l’animateur, le résident, le projet d’animation défini par l’institution, les moyens matériels et pédagogiques, le temps consacré…
 
Il est évident qu’en tant qu’aidant, vous pouvez demander à consulter ce projet d’animation de manière à voir comment l’institution accompagnera votre proche dans son quotidien, quelles actions sont entreprises par les équipes pour prendre soin d’une personne âgée vulnérable à vivre dans un environnement nouveau, en fonctions d’objectifs déterminés.
 
  • L’animation permet de mettre en œuvre des droits.
  • Elle est un outil essentiel au parcours de vie d’une personne âgée fragilisée par une
  • Elle n’est pas une activité ! L’activité est un moyen d’atteindre les objectifs du projet d’animation. Et s’il y a des objectifs, il doit y avoir évaluation de l’atteinte ou non des dits objectifs.
  • L’animation doit avoir comme pilier l’écoute de la personne âgée et son libre choix.
  • Elle contribue par les repères qu’elle construit à rendre le parcours en institution sécurisant.
  • L’animation ne porte pas dans son ADN la seule dimension occupationnelle ; cette approche réductrice risque de créer des conditions d’accompagnement infantilisantes ou non respectueuses du droit au choix de tout un chacun.
 
 
« Si je l’accepte (l’Autre) en devenir, alors, je fais ce que je peux pour confirmer ou réaliser ses potentialités » - Carl Rogers – Le Développement de la Personne
 

 

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