"Elle prend mal ses remèdes…" : que peut conseiller l'aidant à son proche âgé ?

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Article rédigé par Guillaume BESSE, Médecin, Mardi 9 mai Consulter son profil complet

Les personnes de plus de 85 ans prennent en moyenne cinq médicaments différents par jour. 50% d'entre elles les manient mal... Alors que leurs effets secondaires (notamment par surdosage ou arrêt intempestif) déclenchent le quart des hospitalisations. Bien prendre ses remèdes est donc vital pour favoriser un maintien à domicile. Alors, pourquoi les médicaments sont-ils parfois mal pris par les personnes âgées ? Que faire pour tenter de limiter ces prises inadaptées ?

Comprendre les raisons

Une mauvaise vision modifie l'interprétation de l'ordonnance imprimée ou de la date de péremption de la boîte ou peut faire confondre une nouvelle boîte de générique avec l'habituelle.

Une arthrose des doigts gêne l'ouverture de telle capsule ou flacon ou empêche de couper en deux un cachet qui, alors écrasé, est moins efficace. Un inconfort à avaler des gélules peut les faire ouvrir, limitant leur action.

Des modifications bénignes de la mémoire (75% des plus de 75 ans), la longueur de l'ordonnance favorisent les oublis (qu'il y ait ou non démence ou dépression).

Une mauvaise audition gêne la compréhension de l'importance de la maladie ou fait mal interpréter les propos du médecin en qui la personne perd confiance (inutilité des traitements donnés).

Les possibles effets secondaires sur la notice de la boîte peuvent affoler. Une diarrhée ou une fatigue induites par un remède peuvent inciter à son arrêt sans avis médical, comme la perte ou l'oubli de l'ordonnance d'un autre médecin.

Une fièvre qui fatigue peut limiter le lever du lit gênant la prise de remèdes, etc.

Sans oublier une dépression ainsi révélée ( « pourquoi prendre ces cachets qui m'aident à rester sur terre ? ») et, bien entendu, une démence désormais nette chez une personne âgée isolée.

Pourquoi agir et alerter ?

Parce que la maladie traitée va être déséquilibrée et pourrait conduire à une hospitalisation.

Exemples  : hospitalisation par surdosage d'anticoagulants avec accident vasculaire hémorragique, entrée dans une dépendance par fracture du col fémoral après chutes à répétition par doublement de la dose de somnifères limitant les insupportables angoisses nocturnes.

Conseiller concrètement… avec tact et mesure

A condition qu'il ne soit ni dépressif (risque de conflit) ni atteint d'une démence à un stade avancé, l'aidant doit demander son avis au proche âgé, lui dire qu'on pourra en reparler un autre jour s'il préfère, que ce qu'il dira est important et qu’il ne sera pas jugé. L'aidant doit l'interroger assis en face de lui, en articulant.

Une fois le (ou les) motif(s) identifié (s), l’aidant doit lui proposer des solutions et, si le proche est d'accord, prévenir le médecin traitant.

Propositions concrètes  :

  • Une mauvaise vision ? Demander au médecin traitant d'imprimer avec une police plus grosse, l'aider à enlever de sa pharmacie personnelle les boîtes périmées, écrire en gros la date de péremption sur les boîtes ou la marque du laboratoire du générique remplacé.
  • Une arthrose des doigts  ou inconfort des gélules ? Demander au Médecin traitant une présentation plus adaptée ou faire préparer un pilulier (pharmacien, infirmière, aide-soignante, aidant ) dont certains sont électroniques.
  • Des modifications bénignes de la mémoire ou une ordonnance trop longue ? Faire préparer un pilulier ou mettre un réveil à telle heure.
  • Une mauvaise audition ? La signaler au médecin traitant (audiogramme).
  • Une lecture des effets secondaires sur la notice ? Lui dire que s'ils apparaissent, le médecin les connaît et, prévenu, changera le remède.
  • Une fièvre qui fatigue ? Le proche devra prévenir son médecin traitant qui traitera la fièvre et sa cause.
  • Une possible dépression ? Alerter son médecin traitant qui la traitera.
  • Une démence désormais nette chez une personne âgée isolée ? Prévenir son médecin traitant qui, entre autre, ordonnera le passage personnalisé d'une infirmière ou d'une aide-soignante.

 

Mots clés : Soins au quotidien
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