« Je ne veux pas voir de docteur » : que peut concrètement faire l'aidant pour son proche âgé ?

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Article rédigé par Guillaume BESSE, Médecin, Lundi 10 avril Consulter son profil complet

Vieillir à domicile est le choix préféré des personnes âgées. Cependant pour certaines d’entre elles, l’autonomie au domicile est rendue complexe par divers éléments. Le refus de voir un médecin en est un exemple et peut compromettre le maintien à domicile. Alors pourquoi ce refus ? Pourquoi et comment agir pour faire changer d’avis son proche ? Explications.

Pourquoi ce refus ?

Le proche a forcément des motifs que l'aidant doit respecter dans le futur dialogue l'éclairant sur une prise en charge médicale.

Si le proche ne veut plus voir son médecin traitant, ce peut-être à cause d'une perte de confiance ( « il ne prend plus le temps comme avant », « il ne veut plus se déplacer alors que je le connais depuis si longtemps », « il n'est pas capable de me voir avant trois jours », « aucun successeur ne veut reprendre son cabinet », ...).

Ou bien parce qu'il est insatisfait des soins donnés à son conjoint ou un ami ( « Tu as vu le retard pris à le soigner ? »). Voire il préfère remettre des soins à plus tard car il aide financièrement un ou plusieurs membres de sa famille. Ou par une dépression s'exprimant par un refus d'aide (même des proches).

Si le proche âgé ne veut voir aucun médecin, ce peut-être par une méfiance ancienne envers le Corps Médical ou parce que, dit-il, sa santé est excellente voire que le seul médecin pouvant l'examiner est à dix kilomètres.

Pourquoi agir ?

Le proche a le droit à des soins, surtout quand l'aidant estime que se dessine une insécurité (alimentaire, physique, morale, médicamenteuse, etc.) ; dès lors, porter assistance au proche, c'est être dans la bientraitance.

Le but à atteindre est qu'un médecin examine le proche pour, notamment, le convaincre progressivement de se soigner voire organiser les mesures urgentes pour bénéficier de soins attentifs et consciencieux

Comment agir avec tact et mesure  ?

En invitant d'abord le proche à donner son avis en lui rappelant qu'on pourra éventuellement en reparler un autre jour et que ce qu'il dira est important. L'aidant doit l'interroger à voix lente, en articulant, assis en face de lui.

Le refus ne semble pas catégorique mais entre dans le cadre d'une déception. On peut alors réfléchir, avec l'accord du proche, à l'idée de renouer la confiance avec le médecin traitant (médiation) ; ce dernier pourrait étudier avec l'aidant ce qui a amené cette situation et répondre ainsi aux questions du proche.

Si le proche confirme plus tard son opposition, quelques solutions non exhaustives existent : l'aidant peut lui évoquer l'idée qu’une assistance sociale de la caisse de retraite vienne, avec son accord, pour, par exemple, refaire le point sur sa pension (cette tierce personne pourrait lui confirmer d'appeler un Médecin). Sinon, ce pourrait être une professionnelle du CLIC qui, avec son accord, pourrait, lui parler de l'allocation personnalisée d'autonomie (ou d'une réévaluation si il l’a déjà) ou un voisin en qui il a toute confiance et qui pourrait lui parler de son Médecin ...Voire, si le proche prend quelques remèdes en auto-médication, que l'aidant, avec son accord, confie à son Pharmacien sa recherche justifiée de nouveau Médecin.

Le refus est catégorique : l'aidant doit repérer une dépression. La prudence s'impose sous peine de bloquer toute écoute ultérieure puisqu'une dépression peut provoquer un refus de l'aidant, même familial.

Dépression ou pas, ce refus définitif doit être confirmé en ré-interrogeant une autre fois le proche, en respectant à nouveau son avis. Mais il faut ensuite qu'un médecin vienne… L'aidant pourra réfléchir aux idées évoquées auparavant.

Quelle prévention pratique de ce refus ?

D'abord prévenir une éventuelle dépression.

Ensuite, discuter régulièrement avec le proche de sa santé, des bonnes relations avec son médecin traitant (repérage des éventuels dysfonctionnements débutants) voire des avancées dans le bien-être des personnes âgées (si le proche n'a pas de médecin), par exemple à l'aide d'articles.

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