"Mon proche âgé à domicile refuse le vaccin antigrippal" : quelle prévention par l'aidant ?

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Article rédigé par Guillaume BESSE, Médecin, Lundi 4 septembre Consulter son profil complet

En 2015, 50% des personnes âgées n'ont pas été vaccinées contre la grippe saisonnière qui en a touché environ un demi-million. Pourtant, le vaccin annuel est la meilleure prévention contre une banale grippe qui dégénère vers une hospitalisation, remettant ainsi en cause ce maintien à domicile tant désiré. Sans oublier les 16 500 personnes âgées décédées lors de l'épidémie de 2014... Alors, pourquoi se faire vacciner contre la grippe saisonnière après 65 ans? Pourquoi tant de proches âgés refusent-ils ? Comment les convaincre ?

Quatre bonnes raisons pour le vaccin (gratuit) après 65 ans

La grippe peut se compliquer surtout si le virus est virulent (il mute facilement) ou en cas de facteurs favorisants (bronchite chronique, asthme ancien, insuffisance cardiaque même équilibrée ,...).
Les principales complications, favorisées par le vieillissement du système immunitaire voire un diabète existant, sont d'abord des pneumopathies (les bactéries prolifèrent dans les poumons lésés par le virus).
Elles sont aussi aussi cardiaques (aggravation d'une insuffisance cardiaque, surtout sur pneumopathie initiale) avec, alors, un risque sur les fonctions cognitives.
N'oublions pas la déshydratation (le proche âgé, fatigué, ne pense pas ou ne peut pas s'hydrater raisonnablement) et les chutes (favorisées par la déshydratation, la fatigue qui peut durer trois semaines...)

En se compliquant, la grippe peut remettre en cause le maintien à domicile. Bien souvent survient l’hospitalisation : les plus de 65 ans représentaient 70% des hospitalisations en pleine épidémie 2016.

Elle peut tuer. En France, la vaccination évite en moyenne 2500 décès annuels.

La vaccination diminue d'environ 70 % la survenue de complications après 65 ans ( le risque d'hospitalisation diminue de 50% chez l'insuffisant cardiaque vacciné).

L'aidant doit analyser les motifs de refus et éclairer le proche.

  • « J'ai peur du vaccin » . Sa tolérance est bonne (seule contre-indication : l'allergie aux protéines de l'oeuf servant à sa fabrication). Ce sont les complications qu'il faut redouter.
  • « Il n'est pas efficace ». C'est vrai qu'il protège moins ( 40% en moyenne) qu'au jeune âge mais diminue nettement le risque de complications.
  • « J'ai mon vaccin homéopathique ». Les autorités sanitaires le déconseillent (efficacité très discutée).
  • « Je n'ai jamais de grippe car je me lave souvent les mains ». Ce virus, très contagieux, peut parfois être transmis en parlant à une personne grippée (surtout contaminée il y a moins de 48 heures, ne ressentant rien alors qu'elle dissémine déjà le virus).
  • « J'ai déjà eu la grippe, je suis immunisé ». Effectivement, un même type de virus est souvent rencontré dans les récentes épidémies mais d'autres variantes existent (ce virus peut se modifier d'un hiver à l'autre).
  • « J'ai déjà été vacciné et ai quand même eu la grippe ». Le vaccin contient un virus inactif. Mais dans les soixante-douze heures, on peut avoir une pseudo-grippe (réaction vaccinale). Maintenant, si c'était vraiment la grippe, elle ne s'est pas compliquée, très probablement grâce au vaccin.
  • « Je ne vois personne en hiver » ou « Je n'ai pas de petits-enfants ». Une épidémie dure environ deux mois et demi : rester totalement isolé est difficile et, comme déjà dit, il suffit d'une seule discussion avec une personne contaminée ou d'avoir oublié de se laver les mains après l'avoir salué (virus sur la peau de ses mains)
  • « Personne ne tousse autour de moi ». Une grippe ne donne pas forcément de toux et comme le vaccin ne protège qu'au moins 15 jours après, il vaut mieux ne pas attendre.
  • « L'épidémie ne sera pas sévère cet hiver ». On en sera certain qu'après le début, mieux vaut donc ne pas attendre son arrivée. Même si on préfère attendre, la faible sévérité d'une épidémie n'annule pas les complications, surtout en cas de fragilités (diabète, insuffisance cardiaque même compensée, bronchite chronique, dénutrition non repérée).
  • « Je n'ai qu'un diabète et il va bien ». Des bactéries peuvent d'autant plus proliférer sur les parois pulmonaires lésées que le diabète, alors déséquilibré, favorise cela.
  • « On ne sait pas ce qu'ils mettent dedans ». Les polémiques sels d'aluminium ne sont plus dans les vaccins anti-grippaux.
  • « Je n'ai pas reçu mon formulaire de vaccin ». Un de vos proches, avec votre numéro de Sécurité Sociale, peut le recommander sur le site internet de votre CPAM.
  • « L'épidémie se termine bientôt ! ». L'épidémie, même peu virulente, persiste, le risque aussi et même si le vaccin ne protège que 15 jours après, mieux vaut tard que jamais.

Si le refus reste confirmé, même auprès du Médecin

Proche vacciné ou non, il faut expliquer à votre proche, la prévention systématique en cas d'épidémie :

  • lavage régulier des mains,
  • éviter les visites de petits-enfants grippés,
  • porter un masque type FFP2 pour tout aidant NON vacciné ou grippé (la vaccination est recommandée à tout aidant, notamment familial),
  • aérer souvent le domicile ( si visites),
  • utiliser des mouchoirs jetables.

Au moindre doute de grippe, vacciné ou non, ne pas hésitez à faire un appel rapide du médecin pour d'éventuels antiviraux réduisant la durée de la grippe et le risque de complications infectieuses.

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