Comment expliquer tant de chutes chez les personnes atteintes d'une maladie de Parkinson ?

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Article rédigé par Guillaume BESSE, Médecin, 14 octobre 2015 Consulter son profil complet

Une chute ne doit plus être banalisée chez une personne âgée, surtout atteinte de maladie de Parkinson,  car sa qualité de vie future en dépend. La maladie de Parkinson s'accompagne d'anomalies majorant les chutes. Quelles sont-elles ? Comment s'illustrent-elles ? Quelques explications à destination des aidants.

 
Le lecteur pourra lire avec intérêt trois articles du site traitant des chutes des personnes âgées d'un point de vue général: 
Pour ce qui est de la maladie de Parkinson (MP), c'est souvent après 6 à 7 ans d'évolution que les chutes commencent. Elles sont d'abord favorisées par plusieurs mécanismes propres à la maladie :        

  • L'hypotension orthostatique : la tension artérielle chute anormalement dans le cerveau lorsque la personne âgée se lève trop vite (décrocher le téléphone, aller ouvrir la porte). Le système nerveux autonome, atteint, peine à faire remonter la pression artérielle, surtout si la personne âgée a déjà une insuffisance veineuse des membres inférieurs (davantage de sang veineux stagne dans les jambes)
     
  • La composante semi-automatique de la marche est atteinte : s'appliquer à marcher demande beaucoup d'attention car il faut concevoir le mouvement, le surveiller, alors qu'il met plus de temps à être réalisé. Gérer convenablement l'environnement (dont le sol) devient difficile (marche d'escalier, trottoir, bas de porte coulissante, feuilles d'arbres à l'automne…) surtout si la personne âgée avait déjà des troubles visuels.
     
  • La difficulté à rester vertical (équilibre postural), notamment par la flexion du tronc en avant et le retard à corriger immédiatement une déviation du corps (par diminution de la vitesse d'exécution et de l'amplitude du mouvement d'évitement nécessaire). Cela participe à ces typiques chutes en avant après que la personne âgée ait marché de plus en plus vite sans pouvoir contrôler. Mais les chutes peuvent aussi se produire en arrière.
     
  • La gêne à lever les pieds pendant la marche favorise la butée du bout de la chaussure sur un obstacle ou le bord d'un tapis mal étalé.
     
  • Des douleurs musculaires rendant alors la marche moins efficace et des muscles compensateurs moins opérationnels en début de chute.

  • Une fatigue à l'effort induite par une dépression (fréquente dans maladie de Parkinson) ou un sommeil de mauvaise qualité, donc non réparateur (fréquent dans la MP).
     
  • Les variations motrices (ou fluctuations motrices), parfois non contrôlées par le traitement de la MP. Avant une nouvelle prise du remède (Ldopa), alors que la précédente est beaucoup moins efficace, la lenteur due à la MP se majore nettement et la personne devient comme quasi «bloquée » : lorsqu'elle compte sur tel mouvement de la jambe pour se rétablir, le retard d'exécution entraîne la chute. Les fluctuations motrices, parfois inattendues, sont favorisées par un stress. Elles peuvent aussi survenir sous la forme de piétinements rapides avant de franchir une porte ou faire un demi-tour, ce qui peut parfois rompre l'équilibre et induire une chute.
     
  • Des mouvements involontaires (ou dyskinésies), parfois non contrôlées par le traitement de la MP: lors d'une marche, notamment en l'absence de chaussures adaptées ou d'orthèses, le pied peut se tordre ou les orteils se dresser brutalement dans la chaussure... Ou le mollet être le siège d'une crampe. Autant de facteurs de risque de chute.
 Mais les chutes sont aussi favorisées par une fonte musculaire secondaire à un manque d'exercice physique (par exemple par crainte de tomber) ou une perte d'appétit secondaire à une dépression et donc une perte de protéines alimentaires pour un bon entretien musculaire.
 
Enfin, ces chutes sont facilitées par le traitement : la Ldopa, recommandée après 75 ans, peut majorer l'hypotension orthostatique, induire des accès brutaux de somnolence et favoriser, à la longue les fluctuations motrices et dyskinésies mais des mesures médicales peuvent ensuite les améliorer.
 
Nous verrons dans un prochain article les conseils pratiques que l'aidant pourrait proposer à la personne atteinte de MP pour se protéger des chutes.
 
Mots clés : Autres maladies
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