Le glaucome : comprendre pour bien conseiller la personne âgée à domicile

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Article rédigé par Guillaume BESSE, Médecin, Lundi 6 mars Consulter son profil complet

Le glaucome, dans sa forme la plus fréquente, est la deuxième cause de cécité en France et touche presque deux millions de personnes. D'installation silencieuse, il est pourtant aisément dépistable et contrôlable, surtout s’il est dépisté avant que le nerf optique soit atteint. Mais qu'est-ce que le glaucome ? Quelles sont ses conséquences ? Que fera l'ophtalmologiste ? Et comment s’en protéger ? Explications.

Qu'est-ce que le glaucome ?

Il existe 4 formes de glaucome, mais sa forme la plus fréquente est celle dite « à angle ouvert ».
L'avant de l'oeil produit un liquide (l'humeur aqueuse) qui en nourrit certaines parties (le cristallin par exemple). Il est ensuite principalement évacué à travers un petit filtre (trabéculum) se trouvant au fond d'un angle (l'angle irido-cornéen), lui-même situé la base de la cornée (encore à l'avant de l'oeil). Le trabéculum permet ensuite à l'humeur aqueuse de rejoindre un canal (de Schlemm).
Ce liquide crée donc une pression dans l'oeil, la pression intra-oculaire (PIO).

Le glaucome chronique à angle ouvert (GCAO) menace quand le trabéculum devient moins perméable. L’augmentation progressive de la pression intra-oculaire risque alors de se répercuter aussi sur l'arrière de l'oeil (notamment la papille, arrivée des fibres nerveuses du nerf optique dont les artères souffrent de cette compression, surtout si elles avaient un vieillissement accéléré par une hypertension artérielle, un diabète,...).
Le GCAO est installé, bien souvent dans les deux yeux, quand la PIO dépasse le classique chiffre de 20 et que le nerf optique est atteint (aux papilles, atrophiées).

Ses conséquences chez la personne âgée non dépistée

Petit à petit, lorsqu'il a évolué depuis des décennies, le GCAO provoque des troubles visuels, d'abord autour du nez (attraper un stylo par exemple) mais aussi dans la vision périphérique (mauvaise perception du cycliste arrivant silencieusement au carrefour).
Le tout peut précipiter une dépression jusque-là minimisée ou favoriser des chutes (erreur d'appréciation du bord du meuble où mettre la main), deux facteurs réputés de remise en cause du maintien à domicile.

Sa prise en charge par l'ophtalmologiste

Cela commence typiquement par des gouttes (collyres) dans les deux yeux le soir, tous les jours, comprenant diverses composantes (bêta-bloquants, prostaglandines, les deux, etc.). Cela suffit majoritairement pour stabiliser sur le long-terme une tension normale et une papille indemne.
Sinon, l'ophtalmologiste envisagera du laser (trabéculoplastie, pas toujours efficace à 100%) voire la chirurgie (trabéculectomie), simple à réaliser, qui consiste à créer une nouvelle voie d'évacuation de l'humeur aqueuse, quitte à compléter cette action par de nouvelles gouttes.

Comment se protéger du glaucome ?

D'abord être dépisté ! Au pire tous les deux ans (même en l'absence de troubles visuels ou de maux de tête). Mais trop de personnes âgées consultent tous les 5 ou 10 ans... pour changer de lunettes. Ce dépistage sera d'autant plus régulier que des cas familiaux existent, que la personne a une myopie importante ou une hypertension artérielle et... que l'ophtalmologiste le conseille. A ce propos, le médecin traitant pourra toujours, s'il l'estime utile, faire un bon de transport pour aller consulter l'ophtalmologiste.

C'est aussi prendre rigoureusement le traitement (collyre) quand le diagnostic aura éventuellement été posé, équilibrer une éventuelle hypertension artérielle, là encore à dépister en voyant au moins deux fois par an son médecin traitant. Celui-ci, informé par l'ophtalmologiste, évitera la délivrance de certains remèdes, comme par exemple ceux visant à diminuer les contractions vésicales involontaires (incontinence).

Comment aider à bien gérer les gouttes dans les yeux ?

Fréquent défi, il peut être relevé par la personne âgée elle-même, par son mari ou son épouse ou un membre de sa famille mais à la moindre difficulté, au vu de l'importance de les instiller chaque jour, le médecin traitant pourra demander à une infirmière ou une aide-soignante de s'en charger.

Un conseil : il est conseillé, lors de l'avance en âge, de ne pas attendre des troubles visuels pour consulter un ophtalmologiste car le glaucome donne des lésions du nerf optique irréversibles. Autant donc agir le plus tôt possible pour stabiliser le processus... et mettre ensuite les gouttes tous les jours.


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