Le parkinsonien fatigué. Comprendre et conseiller.

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Article rédigé par Guillaume BESSE, Médecin, 8 avril 2014 Consulter son profil complet

La fatigue parfois intense chez une personne atteinte de la maladie de Parkinson ne doit pas être banalisée car des actions peuvent être mises en place pour aider le patient au quotidien. Comment reconnaitre cette fatigue, la comprendre et la prendre en charge ?

 

Comment peut s'exprimer cette fatigue ressentie ?  
 

Votre proche précise, à raison, qu'il ressent une perte d'énergie et de motivation, brutale ou non, limitant, par exemple, la marche et d'autres activités physiques (se lever du lit, faire sa toilette, s'habiller,...) . Il peut aussi évoquer une somnolence anormale pendant la journée, brutale ou non (après un dîner chez des amis, en pleine pièce de théâtre, … ou en voiture, ce qui peut être extrêmement dangereux). Voire une gêne réelle à rester attentif au contenu de sa lecture, à l'écoute d'une émission... Autant d'événements qu'il peut juger, encore une fois à raison, responsables de porter atteinte à sa qualité de vie.
 

Causes favorisant cette fatigue 

  • La dépression, fréquente chez le parkinsonien, à détecter si votre proche devient triste, pessimiste, voire agressif, nerveux, anormalement préoccupé, se disant «  incompris », «  non soutenu »... En effet, la dépression est une cause de fatigue beaucoup trop souvent sous-estimée chez un retraité. 

  • Les très fréquents troubles du sommeil chez votre proche dont les nuits, plus courtes, sont souvent émaillées d'événements divers gênant le déroulement normal des cycles du sommeil : lenteurs voire impossibilités à se retourner dans le lit, crampes ou « impatiences » dans les membres inférieurs, besoins impérieux d'aller aux toilettes (la vessie devient hyperactive et instable), bouffées d'angoisse... mais aussi apnées du sommeil (cause classique de fatigue), phase de sommeil paradoxal agitée qui réveille le malade, cauchemars...

  • La lenteur des mouvements (l'akinésie) due à la maladie, rendant plus difficile la réalisation d'un geste de la vie quotidienne avec le sentiment, tout à fait justifié, de mal supporter une telle situation favorisant alors l'apparition d'un épuisement.
 

Que conseiller à votre proche pour prendre en charge cette fatigue parfois permanente ?

  • D'abord en avertir son Médecin traitant. Celui-ci sera attentif à détecter une dépression et la prendre en charge, mais aussi repérer un syndrome d'apnées du sommeil ou évaluer si le traitement n'a pas besoin d'être diminué ou réajusté par le Neurologue en cas de somnolence diurne, de crampes ou de blocages nocturnes. Sans oublier d'arrêter ou non tel remède associé favorisant les cauchemars (bêta-bloquants), mais aussi les conseils concrets voire remèdes pour faciliter l'endormissement, savoir quand programmer telle activité en fonction des horaires de prise des antiparkinsoniens, quel type de remède antidouleurs (antalgiques) donner, etc...
     
  •  Plus que jamais démarrer la kinésithérapie si ce n'était pas encore fait et, en complément des exercices personnels recommandés par le Masseur-Kinésithérapeute,  réfléchir avec votre proche comment mettre en place chaque jour des activités physiques plaisantes à ses yeux (marche, natation, gymnastique, aquagym, yoga, … voire pêche, jardinage...), quitte à y consacrer plus de temps qu'autrefois, à les entrecouper de moments d'assouplissements et de récupération plus fréquents et à savoir les stopper pour qu'il ne dépasse pas ses capacités.

  • Demander aux Soignants (Médecins, Masseur-Kinésithérapeute, Orthophoniste, Infirmières à domicile voire Ergothérapeute) mais aussi aux Associations reconnues (France Parkinson par exemple) les conseils pratiques pour rendre l'environnement de votre proche beaucoup plus adapté  pour lui faciliter les gestes de la vie quotidienne. Par exemple : lit surélevé avec des cales sous les pieds, sangle pour aider à se tourner la nuit, aménagement de la douche pour une toilette plus aisée, appareil facilitant la fermeture des boutons, chaussures à fermetures velcro, télécommandes pour la télé, la radio, etc..

  • Savoir se reposer (quand c'est possible) pendant la journée, en évitant les siestes trop longues (plus de 30 minutes) qui peuvent alors gêner l'endormissement du soir.
     
  • Ne pas vouloir tout faire tout le temps (ce qui peut favoriser la fatigue ressentie) et donc savoir déléguer des tâches à autrui, mais aussicontinuer (quand c'est possible...) de nombreuses et intéressantes activités socioculturelles qui stimulent l'attention, renforcent la dignité, donc la motivation, et entretiennent le lien social.

 

 

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