Les apnées du sommeil chez la personne âgée

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Article rédigé par Guillaume BESSE, Médecin, Lundi 3 septembre - mis à jour le Jeudi 6 septembre Consulter son profil complet

On entend encore dire que ronfler est signe d’un sommeil réparateur et qu'avec l'âge, il est normal de se sentir fatigué... Voilà pourtant deux anomalies, banalisées et non diagnostiquées (15% des cas), du syndrome des apnées du sommeil (SAS) atteignant au moins le tiers des personne âgées. De quoi s’agit-il ? Quels sont les facteurs favorisants, les signes d’alerte et les conséquences ? Explications.

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?

Le sommeil de la personne âgée repose, en moyenne, sur quatre cycles (hypniques) comprenant chacun une phase de sommeil lent (SL), avec diminution du tonus musculaire, des battements cardiaques et de la tension artérielle, suivie du sommeil paradoxal (SP), chaque cycle comprenant des pauses respiratoires (moins de 5 par heure).

Par diminution nocturne de son tonus (favorisée par les somnifères et l'alcool), la base linguale recule - surtout si on dort sur le dos -, limitant partiellement le passage aérien dans l'arrière-gorge, d'où ces vibrations créant un ronflement quasi-constant dans le SAS. En cas d'obstruction totale, la pause induite, surtout prolongée, diminue le taux d'oxygène sanguin: la tension artérielle et le pouls remontent, un "micro-éveil", non perçu, apparaît, mais des récepteurs détectant la chute du taux déclenchent une inspiration profonde dans les 10 secondes.

On parle d’apnée du sommeil (SAS) quand les pauses (nuit ou sieste) dépassent cinq par heure et plus de 10 secondes chacune.

Chez la personne âgée, la moindre sensibilité des récepteurs favorise, en particulier, la longueur des pauses, surtout en sommeil paradoxal.

Qu’est-ce qui favorise les apnées du sommeil ?

Un petit cou, les somnifères, une hypothyroïdie non traitée, un diabète, une insuffisance rénale ou cardiaque importante, une démence connue et une surchage pondérale (mais des SAS existent avec un poids idéal...).

Quels sont les risques de l’apnée du sommeil ?

Les "micro-éveils" induisent fatigue avec somnolence diurne excessive, voire inattention (accident sur la voie publique, chutes à répétition, …), troubles de mémoire (voire démence), dépression,...

A distance, les mauvaises oygénations sanguines répétées favorisent une hypertension artérielle (dans le tiers des cas, avec maux de tête matinaux) et des stress facilitant infarctus du myocarde, arythmies cardiaques... et des mictions répétées ou des transpirations détériorant aussi le sommeil.

Quelles anomalies doivent alerter ?

Des ronflements s'aggravant et les pauses ne sont pas repérées par la seule personne âgée ; mais l'entourage doit l'alerter, en cas de fatigue progressive, de siestes prolongées, de chutes répétées, de plaintes de mémoire.

Surtout si le proche est en surcharge pondérale, prend des somnifères et dort volontiers sur le dos après avoir bu de l'alcool au dîner.

Que faire ?

Il est utile de rappeler que 10% des SAS décèdent dans les cinq ans.

L’aidant ou le proche doivent alerter le médecin qui prescrira, pour une seule nuit, à domicile, une polygraphie ventilatoire (remboursée). Le mode d'emploi l'aidera à mettre en place les capteurs (nez, bout de doigt,...). Le résultat confirmera ou non, le diagnostic médical.

Une polysomnographie est ensuite utile car elle seule apprécie sévérité du SAS et qualité du sommeil (à domicile si le proche hésite à aller à l'hôpital).

Il faut alors l'accompagner à perdre au moins 10% de son poids (si nécessaire), cesser l'alcool et, si possible, dormir sur le ventre, ce qui peut tout corriger.

Ensuite, et si le SAS est modéré, le médecin pourra prescrire une prothèse nocturne buccale (après empreinte dentaire et surveillée par le chirurgien-dentiste). Bien supportée (après en moyenne 15 jours), ajustable, à remplacer tous les 5 ans, elle avance la mâchoire inférieure de quelques millimètres, diminuant le risque d'occlusion dans l'arrière-gorge.

Si cela ne suffit pas ou si le SAS est sévère (plus de 30 pauses horaires), le médecin pourra prescrire une ventilation en pression positive continue : un masque nasal est branché chaque nuit sur un appareil propulsant, le moment venu, de l'air franchissant l'arrière-gorge ; le résultat est rapidement excellent sur la vigilance diurne, la mémoire et la qualité du sommeil. Si elle est mal supportée, la prothèse sera proposée.

Dans d'exceptionnels cas, une chirurgie sera discutée.

Mots clés : Maladies respiratoires
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