Prendre soin des malades Alzheimer sans médicament : de l’orthophonie au yoga

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Article rédigé par Olivier de Ladoucette, Président de la Fondation pour la recherche sur Alzheimer, Lundi 24 avril Consulter son profil complet

A l’heure où la pharmacopée tarde à s’étoffer, différentes approches non médicamenteuses peuvent améliorer la qualité de vie des malades d’Alzheimer et de leurs proches.

Atelier mémoire, musicothérapie, activité physique ou encore stimulation sensorielle, de nombreuses techniques de soins sont déployées dans les structures qui accueillent des malades Alzheimer.

Elles sont recommandées par les autorités de santé pour stimuler les capacités cognitives résiduelles, mais aussi pour prévenir les troubles du comportement comme l’agressivité et l’agitation, ou au contraire l’apathie.

Continuer à échanger

Un malade Alzheimer qui parvient à communiquer avec son entourage sera moins enclin à exprimer ses choix, son angoisse ou sa colère par des actes perturbants.

Or la maladie d’Alzheimer peut finir par altérer la communication verbale à cause d’un manque de mots, de problèmes de compréhension ou encore d’un repli sur soi avec tendance au mutisme.

Des séances d’orthophonie aident le malade à surmonter ces difficultés avec l’objectif de maintenir et d’adapter ses capacités de communication au fur et à mesure de l’évolution de sa maladie.

L’orthophoniste peut intervenir, sur prescription médicale, à tous les stades, y compris lorsque le malade n’a spontanément presque plus d’échanges verbaux avec ses proches. Il peut alors leur apprendre à ajuster leur comportement aux possibilités résiduelles du malade (questions fermées plutôt qu’ouvertes, communication non verbale…). L’orthophonie fait d’ailleurs partie des soins non médicamenteux souvent utilisés par les Unités cognitivo-comportementales (UCC).

Un apaisement psychique et physique

Ces structures de petite dimension, spécialisées dans la prise en charge des malades Alzheimer en « crise » à cause de troubles du comportement sévères, sont également près de 20% à recourir à des séances de relaxation pour désamorcer les situations tendues.

La sophrologie permet d’intervenir en amont, et à la maison, par l’apprentissage de techniques qui peuvent aider le malade Alzheimer à mieux contrôler ses émotions grâce à différents exercices (respiration, concentration, visualisation…), même si les études scientifiques manquent encore pour prouver de façon incontestable les bienfaits de cette thérapie douce.

Des travaux australiens, publiés en 2016, ont en revanche commencé d’esquisser les atouts du yoga, une discipline qui promet d’agir à la fois sur le corps et sur l’esprit. Après trois mois de pratique yogique, à raison d’une séance d’une heure par semaine et de 12 minutes de méditation par jour, des personnes âgées (67 ans en moyenne) et atteintes d’une altération modérée des fonctions cognitives avaient moins de symptômes dépressifs et de meilleures performances aux tests de mémoire.

Ces progrès pourraient s’expliquer par une amélioration des interactions entre différentes zones du cerveau, constatée lors d’examens d’imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle.

Sources : SFGG, HAS, FNO, Fondation Médéric Alzheimer

Mots clés : Maladie d'Alzheimer
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