La question du choix quand on est aidant

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Article rédigé par Florence Leduc, Présidente de l'Association Française des AIDANTS, Lundi 27 août Consulter son profil complet

Etre proche aidant ou ne pas l’être, est-ce vraiment un choix ? Voilà une question à laquelle il est difficile de répondre par oui ou par non ! Les marges de manœuvre ne sont pas les mêmes pour tous et le choix est aussi une question de perception et d’autorisation !

A l’origine, une situation non choisie

Le handicap ou la maladie d’un proche est une situation que l’on ne choisit pas. Elle s’impose à la personne concernée comme à son entourage et vient reconsidérer beaucoup de choses dans les relations et dans le quotidien.

Un cadre légal en faveur de l’aide familiale

En France, la loi prévoit la solidarité entre proches, notamment dans le cadre l’obligation alimentaire, du mariage et du Pacs. Attention toutefois à ne pas sur-interpréter les textes, le devoir de sacrifice n’est écrit nulle part !

L’accès à l’aide et aux soins, un déterminant majeur

Dans les faits, l’accès à l’aide et aux soins professionnels n’est pas le même pour tous, en fonction de la pathologie ou du handicap du proche, du lieu de vie et des ressources financières notamment. Or, lorsque les aides ne peuvent être mises en place à domicile ou que l’accueil en établissement de la personne n’est pas possible, ce sont le plus souvent les proches qui sont mis à contribution, au point d’être parfois assignés à résidence d’aider ! Un état de fait contre lequel milite l’Association Française des Aidants.

Les injonctions moralisatrices

Lorsque l’on est proche aidant, il n’est pas rare que la personne en situation de dépendance, l’entourage ou les professionnels de santé nous renvoient qu’il est naturel d’aider, ou encore que c’est une évidence, un devoir. Il arrive aussi qu’ils nous disent quoi faire, quoi penser ou quoi ressentir. Même si ce n’est pas l’effet recherché, ces attitudes peuvent s’avérer culpabilisantes et assignantes. Elles ne favorisent pas pour les aidants la possibilité de choisir les modalités dans lesquelles ils souhaitent investir ce rôle.

Les phénomènes d’autocontrainte

Outre ce qui est renvoyé par l’entourage, il y a aussi la pression que l’on se met soi-même, les obligations que l’on s’inflige, les tâches que l’on refuse de déléguer… tout en prétextant ne pas avoir le choix !

C’est parfois malheureusement une réalité mais, dans bien des cas, des alternatives seraient envisageables. Mais franchir le pas n’est pas toujours évident ! Cela amène à formuler une demande d’aide, par exemple à de proches ou à des professionnels pour qu’ils prennent le relai. Cette démarche peut aussi inviter à accepter que la personne n’a pas autant besoin de nous qu’on le pense, ou que d’autres peuvent faire à notre place… surement différemment, mais peut-être suffisamment bien.

Malgré tout, s’ouvrir un espace de choix et subir le moins possible !

Lorsque l’on est proche aidant, les marges de choix au quotidien ne sont pas toujours celles que l’on souhaiterait. Mais cela ne signifie pas qu’elles n’existent pas et qu’il ne faut pas les investir, aussi réduites soient-elles !

Avoir le sentiment de subir est une expérience négative, aussi bien pour l’estime de soi que pour le moral, autrement dit pour la santé. Avant de s’engager dans des choix impliquants et parfois difficiles à poser, comme faire appel à des professionnels ou à des établissements d’accueil, une piste est de commencer par réinvestir les choix du quotidien : les menus, les horaires, le programme de la soirée, des vacances, etc. Il ne s’agit pas de devenir tyrannique et d’imposer ses choix à autrui, mais de s’autoriser à négocier pour faire valoir ses points de vue, ses envies, ses contraintes, etc. Ceci étant, il peut tout-à-fait exister des points non négociables !

Retrouver sa capacité à agir

A travers la question du choix, c’est aussi celle de la capacité à agir qui se pose : retrouver un espace de choix permet de remobiliser sa capacité à agir. Une ambition qui peut sembler lointaine quand on est pris dans un quotidien lourd et fatiguant.

C’est pourtant possible, comme nous le disent les participants des Cafés des Aidants et des Formations des Aidants : leur participation à ces actions, via les échanges qui s’y tiennent et les apports des animateurs, les ont amenés à prendre des décisions pour eux-mêmes ou pour les proches qu’ils accompagnent, afin de retrouver plus d’équilibre au quotidien.

Pour connaître les actions de l’association des Aidants proposées de chez vous 

Et n'hésitez pas à venir poser vos questions sur Aidons les nôtres bien sûr !

Mots clés : Etre aidant
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