Des mots pour le dire mieux : petit lexique à l’usage des proches aidants

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Article rédigé par Isabelle Charret, Médecin Gériatre, Lundi 28 mai Consulter son profil complet

Face à une personne atteinte d’une pathologie neuro cérébrale telle que la maladie d’Alzheimer ou troubles apparentés, les atteintes cognitives et les comportements qu’elle entraine, déroutent les proches aidants. Parfois les mots sortent vite, trop vite. Nous vous proposons un lexique bien utile pour offrir des possibilités correspondant à diverses situations et pour s’exercer à la pratique des mots.

Devant certaines situations ou certains comportements, les mots sortent parfois trop vite. Ils sont inadaptés, regrettés, et ce, des deux côtés. S’ensuit le cercle de l’incompréhension mutuelle, avec son cortège de culpabilité, de chagrin, de révolte, de blocages dans telle situation…

Les adeptes des philosophies de soin humanistes recommandent un usage précis des mots. Leur choix n’est pas anodin et leur contenu se colore d’une façon de les dire, du ton employé, du regard, d’une qualité de lien à l’autre et au final de la posture adoptée. La personne malade le ressent au plus profond d’elle-même.

Ne jamais oublier que le silence est une forme de parole : ne dit-on pas que le silence est parfois « lourd de sens » ? Les silences peuvent être réprobateurs, signe d’une colère rentrée, d’un ressentiment, seul moyen trouvé pour se protéger ou exprimer sa souffrance…

Mais le silence peut être léger, apaisé, intense et joyeux, nécessaire à se ressourcer dans le calme. C’est le type de regard qui en fera la différence : dans le premier cas, fâché, réprobateur, dans le deuxième empreint de douceur, presque souriant. Juste un « Chuut » joliment prononcé avec un doigt sur les lèvres peut être bien utile ! Il est des silences positifs.

Un lexique est donc bien utile pour offrir des possibilités correspondant à diverses situations et pour s’exercer à la pratique des mots. Comment ?

  • Il est recommandé de parcourir le lexique.
  • A chaque chapitre, choisir une phrase que vous sentez pouvoir utiliser facilement.
  • Se rappeler d’une situation où il aurait été judicieux d’employer cette phrase.
  • Imaginer une situation dans laquelle vous aurez certainement besoin d’y avoir recours.
  • Exercez-vous hors situation, à voix haute (sauf si vous choisissez un « silence positif »).
  • Choisissez pour commencer une phrase et une situation et lancez-vous !

Il se peut qu’il faille un temps pour que vous y pensiez, que la spontanéité s’installe ou que vous ayez à changer de phrases. Vous allez y arriver !

Une fois qu’une phrase marche, c’est cela doit devenir un réflexe, comme une même clé qui ouvre toujours la même porte : n’en changez pas ; vous aurez ainsi un trousseau de clés de confiance, de fermeté, de limites, d’encouragements… Cela donnera des repères à votre proche.

N’oubliez pas de transmettre les bons mots aux autres intervenants.

Jamais de mise en difficulté

Tu te rappelles ?
Tu n’as pas oublié au moins ?
Je viens de te le dire, tu oublies tout !

Les mots doux

Je suis là pour toi
J’aime bien t’aider, juste te donner un coup de main
Je suis heureux/heureuse de pouvoir être à tes côtés
Heureusement que tu es là !

La mise en confiance

Aie confiance en toi
Il n’y a rien à craindre
Aidez-moi à vous aider, vous pouvez me donner un coup de main
Je suis certain que tu vas y arriver
Ça arrive à tout le monde d’oublier des choses

La franchise

Je ne partage pas votre avis
Que tu sois aussi fâché n’est pas très agréable
Tu es de très bonne humeur aujourd’hui 
J’ai tellement aimé partager ce moment avec vous !
Je suis fatigué…Je perds patience

La gratitude

Comme c’est bien d’avoir accepté (ce soin, d’aller chez le Docteur, de se reposer etc.), tu es mieux
Je suis soulagé(e) que tu sois en forme
Cela n’a pas été facile de prendre les médicaments mais grâce à toi tu peux (avoir moins mal, être détendu etc.)

La fermeté

Cela n’est pas fait pour te contrarier, t’ennuyer
Il ne m’est plus possible (de te laisser ainsi, de te voir souffrir car tu refuses les médicaments etc.)
Je dois faire en sorte que vous vous sentiez plus confortable

L’introduction des impossibilités (elles font partie de l’existence, même en dehors de toute pathologie !)

Je comprends que vous soyez déçu, MAIS… 
Je sais que vous avez besoin de présence…C’est important, MAIS …
Ne crois pas que je n’ai pas pensé, que je ne sais pas que…MAIS…
Je souhaiterais tellement que cela soit possible pour nous tous, MAIS…
A ta place, je réagirais de la même façon, tu as raison, MAIS…

Vous pouvez télécharger ce lexique et l'imprimer, afin de l'avoir toujours sur vous.

A vous de trouver votre propre lexique ! Soyez créatifs !

Mots clés : Etre aidant
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