Où en est-on de la reconnaissance des aidants ?

avatar badge

UTILE ()

Article rédigé par Florence Leduc, Présidente de l'Association Française des AIDANTS, Lundi 15 octobre Consulter son profil complet

Le 6 octobre dernier s’est tenue la 9ème Journée Nationale des Aidants. Une occasion de faire le point sur la reconnaissance des aidants en France.

Le verre à moitié plein

On en parle de plus en plus ! Les médias grands publics se saisissent du sujet, permettant progressivement aux personnes concernées de s’identifier en tant qu’aidantes. Un point de départ nécessaire pour accéder aux aides et aux ressources disponibles.

Depuis la loi de décembre 2015 pour l’adaptation de la société au vieillissement, on parle désormais de proches aidants et non plus d’aidants familiaux. Un nouveau pas pour affirmer que les aidants sont d’abord et avant tout des proches, qu’ils sont aidants mais pas seulement ! Un pas aussi pour sortir de l’ombre ces presque deux aidants sur dix qui accompagnent au quotidien un ami ou un voisin.

De nouveaux droits ont été créés pour les aidants : le droit au répit, l’aide en cas d’hospitalisation, le congé de proche aidant, le don de RTT ou de jours de congés à un collègue aidant.

Et puis ont vu le jour de nouvelles structures pour accompagner les proches : les plateformes d’accompagnement et de répit, les dispositifs MAIA, les équipes spécialisées Alzheimer. Les acteurs, associatifs ou non, sont de plus en plus nombreux à accompagner les aidants. Et il y a aussi de l’innovation, avec par exemple le développement de réseaux sociaux, de formations en ligne pour les aidants.

Pour finir, un point non négligeable : les entreprises se saisissent de plus en plus du sujet. Elles veillent à favoriser la possibilité pour leurs salariés de concilier vie d’aidant et vie professionnelle.

Le verre à moitié vide

Pour autant, le regard social porté sur les aidants reste lourd et moralisateur. L’idée qu’il est naturel d’aider un proche, que c’est une évidence ou un devoir a la dent dure. Ça, ce n’est pas de la reconnaissance !

Et pourtant, en fonction de la qualité des relations que l’on a avec les membres de son entourage, ça ne va pas toujours de soi d’aider. Et puis ça dépend pour faire quoi ! Être présent est une chose, faire des gestes intimes ou techniques en est une autre. Est-il naturel de faire la toilette d’un parent âgé ou d’un conjoint ?

De plus, l’accès à l’aide et aux soins professionnels pour les personnes malades, en situation de handicap et de dépendance n’est pas garanti. Du coup, ce sont les proches aidants qui sont en position de pallier.

Un autre exemple : l’ambiguïté des politiques publiques perdure. La volonté « d’aider les aidants » est de plus en plus nette… mais la tentation de se reposer sur eux pour l’aide et les soins aux personnes malades ou en situation de dépendance l’est aussi !

Et demain ?

Pour demain, l’enjeu est de taille : il est essentiel que les proches aidants, ensemble, prennent la parole. Le temps est venu qu’ils fassent valoir leurs choix et leurs demandes, qu’ils fassent connaître la réalité de ce qu’ils vivent et leurs compétences.
Sans cela, la reconnaissance des proches aidants ne sera jamais pleine et entière. Elle sera toujours teintée de moralisation, d’instrumentalisation, d’assignation à résidence d’aider.

Autrement dit, elle ne restera qu’un semblant de reconnaissance.

Mots clés : Etre aidant
Cet article vous a-t-il semblé utile ?

UTILE ()

aidant a trouvé cet article utile
Un avis sur cet article ? Un conseil à partager ?
Venez en discuter avec les membres de la communauté
Ils en parlent sur le site
LES ARTICLES EN RELATION
LES DISCUSSIONS EN RELATION
    Les questions en relation
    Poser une question

    Vous avez besoin de conseils sur un sujet précis ? Les aidants de la communauté sont là pour vous aider

    Merci votre question a bien été enregistrée.

    Elle sera publiée afin d'etre visible par les autres membres de la communauté.

    Nous espérons que ceux-ci pourront vous apporter les réponses dont vous avez besoin