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Proches aidants et proches aidantes : un sujet de société qui fait genre

Proches aidants et proches aidantes : un sujet de société qui fait genre

La maladie ou le handicap d’un proche est une expérience à laquelle chacun peut être confronté, homme ou femme. Force est de constater toutefois que le genre continue d’avoir un impact sur les modalités d’implication et d’assignation au rôle d’aidant ou d’aidante.

Des proches aidantes… Et des proches aidants !

Lors des interventions réalisées par l’Association française des aidants auprès du grand public, des proches aidants, des professionnels de l’aide et des soins ou encore des entreprises, ses représentants invitent souvent les participants à répondre à la question suivante : « D’après vous, quelle proportion d’aidants représentent les femmes ? ». Les réponses oscillent le plus souvent entre 80 et 90 %. En réalité, d’après de récentes enquêtes(1), les femmes représenteraient 59 % des aidants. N’oublions donc pas de reconnaître ces millions d’hommes, eux aussi impliqués au quotidien dans l’aide à un proche !

Des représentations qui persistent

Ces dernières décennies, la place des femmes dans la société a connu des évolutions majeures, notamment avec leur accès à la vie professionnelle. Pour autant, l’on considère encore qu’il est naturel, évident ou aisé pour une femme de se consacrer à l’accompagnement d’un proche malade. Ces représentations ont la dent dure ! Aussi, lorsqu’une personne est touchée par la maladie ou le handicap, les femmes sont, au sein de l’entourage, fréquemment désignées comme aidantes. Ceci à plus forte raison si elles ne travaillent pas ou travaillent dans le secteur de la santé ou du social, n’ont pas d’enfants à charge et habitent à proximité ! Les travaux de la sociologue Simone Pennec ont notamment décrit l’influence du genre et de la situation socio-économique dans ces phénomènes de désignation.

Un regard social d’autant plus lourd

D’une manière générale, le regard social porté sur les proches aidant(e)s reste lourd et moralisateur. Mais il est peut-être d’autant plus difficile de s’en affranchir pour les femmes, car à l’idée qu’il est naturel d’aider un proche s’ajoute celle selon laquelle il est naturel d’aider si l’on est une femme ! Dans ce contexte, assumer de vouloir poursuivre une vie professionnelle, des loisirs, de prendre du temps pour soi, pour ses proches ou pour sa santé, peut être d’autant plus difficile à assumer pour les femmes en situation d’aidantes. Peut-être aussi plus difficile à entendre et à accepter pour l’entourage, qu’il s’agisse de la famille, du voisinage ou des professionnels de l’aide et des soins.

Le poids de ce regard social porté sur les femmes impacte aussi les hommes. Des études ont en effet démontré que, dans le contexte de l’entreprise, il est plus difficile pour les hommes de se déclarer proches aidants, ce rôle étant davantage associé aux femmes.

Des impacts différenciés

Il a également été établi que les impacts de l’aide au quotidien à un proche malade ou en situation de handicap pouvaient être différents selon que l’on soit un homme ou une femme. Deux domaines ont notamment été observés : la santé et la vie professionnelle. Les femmes ont ainsi une probabilité plus grande de développer un trouble dépressif en lien avec le rôle d’aidant. Elles sont aussi plus nombreuses à interrompre leur vie professionnelle, notamment lorsqu’elles sont mères d’un enfant gravement malade ou en situation de handicap.

Vers le droit à l’auto-détermination des proches aidants

Aborder le sujet du genre en lien avec l’aide souligne une fois de plus à quel point la question de la place et du rôle des proches aidant(e)s dans notre société ne saurait se limiter à un objet d’action sociale, ni se cantonner au domaine des politiques de santé. Elle touche aux fondements de notre société et concerne différents champs de politiques publiques, dont l’égalité femmes-hommes et l’emploi.

L’enjeu reste aujourd’hui de regarder en face les différences liées au genre, de les interroger, de les étudier, pour ne pas les minimiser ni les exagérer. L’objectif étant de ne pas négliger ou stigmatiser une population de proches aidant(e)s au détriment d’une autre, mais bien de rassembler, pour toutes et tous, les conditions du choix, de l’auto-détermination et de la mobilisation du pouvoir d’agir.

Un interlocuteur à connaître

Cet article est également l’occasion de mettre en lumière les Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) qui s’engagent eux aussi pour l’accompagnement des proches aidantes et des proches aidants. Leurs juristes et leurs conseillers en insertion professionnelle peuvent notamment être des interlocuteurs précieux.

(1) Résultats des enquêtes « CARE » auprès des aidants, publiés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) en novembre 2019.

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