Bonsoir Skye,
Pouvoir se confier, être entendue, comprise sans jugement et qui sait consolée est le sens de notre engagement à Aidons Les Nôtres.
C’est quoi cette maladie qui ne laisse que peu d’issues si ce n’est la fin d’une vie, comment faire pour vivre encore quelque-chose auprès de votre grand mère est bien votre question, n’est ce pas ?
C’est tout simple et cruel la maladie neurologique cérébrale évolutive appelée Maladie d’Alzheimer. C’est une maladie de la mémoire ou plutôt DES mémoires.
Ne cherchez pas trop, vous trouverez listés tous les déficits, les déficiences tels les troubles de la parole, les troubles de la compréhension, les troubles d’à peu près tout.
Or, si certaines mémoires sont profondément atteintes, d’autres persistent de façon cachées, tapies dans un recoin de la personne, dans un repli de ce qu’elle fut même si elle continue d’être, mais autrement.
Les mémoires sensorielles (écoute, toucher, olfaction, goût) sont présentes et sont liées aux émotions. On peut les mobiliser et les partager :
- écouter de la musique aimée, fredonner un air connu autrefois (si c’est Johnny Halliday, n’hésitez pas !!).
- Toucher en les effleurant ou en les massant, les mains, le thorax (espace du cœur) avec une crème douce.
- Faire sentir des odeurs (huiles essentielles car très concentrées, parfum porté, fleurs).
- Offrir et savourer une gourmandise.
Les mémoires du mouvement en particulier les rythmes de danse persistent longtemps :
- Si vous prenez votre grand-mère dans vos bras, vous pouvez l’entrainer dans un rythme de valse à trois temps en bougeant avec elle. C’est un rythme presque archaïque.
Cela peut sonner comme très médical, très soignant. Détrompez vous : il s’agit d’explorer une nouvelle forme de relation qui sera très différente mais bien réelle et riche. Vous verrez qu’elle y réagira et pourra vous surprendre.
Une recommandation cependant : choisissez des choses qui vous plaisent également. Être avec votre grand-mère ne doit pas devenir un sacrifice !
Vous avez raison, la maladie d’Alzheimer ne laisse pas d’autre issue que celle de s’aggraver. Au fond, à partir d’un certain âge surtout vénérable, la vie elle même ne laisse pas d’autre issue que de la quitter.
Alors, tant que le souffle de vie de votre grand mère est là, profitez en !!
Merci de ce témoignage si délicat (« Les grand-mères, c’est comme le mimosa, c’est doux, c’est frais, mais c’est fragile » Marcel Pagnol, Naïs)