Bonjour Mimosa,
Excellente initiative que celle de nous avoirs contacté ! La situation vous met en panique, alors on est tenté de vous dire: posons nous ensemble et voyons ce qu’il est possible de faire. C’est un petit travail pour retourner la lorgnette (ou pas d’ailleurs).
Un peu d’histoire :
Un nombre très important de personnes avec une maladie neurocognitive en institution vont et viennent et essayent d’ouvrir les portes intérieurs et extérieures. Lorsque ces personne sortent elles en vivent des aventures ! Qui prend deux bus pour se retrouver à la Brasserie de la gare du Nord où il prenait un déjeuner du dimanche; qui retourne chez elle en faisant du stop; qui va chez le concessionnaire automobile pour se commander une voiture et … qui se fait renverser, qui se perd et meurt de froid etc etc. L’expérience confronte les soignants que nous sommes à d’incroyables situations, drôles ou dramatiques mais toujours stressantes !
Pendant ce temps, l’institution est dans tous ses états, cherche parfois plusieurs jours et les autres malades sont un peu délaissés. Pendant ce temps, la famille est au cent coups et que cela se termine bien ou mal, menaces de procès pour surveillance insuffisante sont parfois proférées.
Au début des EHPAD, il y a 20/25 ans (qui succédaient aux maisons de retraite, ouvertes et où on constatait de drames), on découvrait cela, on tolérait cela. La société a changé : zéro tolérance de quoique ce soit, vision perfectionniste des prises s en charge, du juridique et manque crucial de personnel. Mais à y regarder de près, ce n’était pas forcément mieux avant !
Qu’est ce qui choque dans ce que vous décrivez ?
- Le fait qu’on offre à votre maman un milieu certes fermé mais sécurisé ? Non !
- Le fait que les personnels soient un peu mieux formés à gérer ces maladies ? Non !
- Le fait qu’elle a un espace d’exploration moindre en particulier au jardin ? Oui !
- Le fait qu’elle semble dépérir comme vous dites ? Oui !
- Le fait qu’on menace de ne plus s’occuper de votre maman ? Oui !
Il n’est absolument pas évident que le retour en unité ouverte soit la solution. En EHPAD, la construction du projet de vie se passe entre l’institution, la famille et la personne malade. Il faut que chacun y trouve son compte de la manière la plus égalitaire qui soit. C’est cela qu’il faut construire.
En retournant en unité ouverte, votre maman risque fort de vouloir refaire ses « promenades en extérieur » : ni l’EHPAD ni vous ne voulez prendre ce risque.
Mais elle a besoin de bouger, d’explorer pour se sentir bien : alors, promenades accompagnées (des étudiants, des associations le font).
Le fait que le jardin ne soit pas sécurisé pose question : pas de codes pour les portes de sortie ? (Mais parfois des personnes se glissent dehors avec les visiteurs !).
Des activités rassurantes lui sont elles proposées ?
La menace de ne palus s’occuper de votre maman n’est pas entendable et cristallise forcément l’incompréhension. Il faut tout reformuler. Exemple idéal !! :
« Voilà déjà plusieurs fois que votre maman sort. Nous pensons aux conséquences, nous ne pouvons pas la surveiller de façon si rapprochée. C’est la raison pour laquelle nous assurons sa sécurité, la nôtre et la vôtre en unité fermée. Nous aurions du vous en avertir, mais une place s'est libérée. Par contre elle a besoin de bouger, de déambuler : nous mettrons en place des activités, nous l’accompagnerons au jardin. Et nous réfléchissons à des codes portes . Mais, nous nous occuperons d'elle comme il faut ».
De votre côté, posez vous la question :
- C’est quoi « dépérir » ? Listez tout ce que vous remarquez du plus au moins importants. Ainsi vous verrez ce qui pet être amélioré.
- Qu’est ce qui vous touche le plus dans ce que vit votre maman et ce que vous ressentez : cette maladie, l’enfermement, la réaction de l’institution (menaces) ?
Vous êtes totalement lucide : votre maman ne peut rentrer chez elle. C’est déjà beaucoup car certains proches sont dans le déni ce qui n’aide en rien.
Enfin, si votre maman a besoin d’un grand parc sécurisé, de se sentir au dehors, d’activités plus stimulantes, il faut voir à trouver une institution qui offre cela, en se rappelant que le risque zéro n’existe pas : si elle peut sortir à sa guise, elle peut chuter durement etc etc
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