Mimosa71

Mimosa71

21 janvier 2026 11:06

Transfert en Unité protégée de l'EHPAD sans accord de la famille.  

Bonjour à tous,

Je viens vers vous eu égard aux difficultés dans lesquelles je me trouve concernant le comportement d'un proche très difficile à gérer.

Ma mère est en EHPAD depuis octobre. Ayant retrouvé quelques forces, elle a commencé à aller se promener seule dans le jardin puis au-delà du portail de l'établissement.
l'EHPAD considérant cela comme une fugue alors qu'elle n'en a jamais fait, a décide de la placer en unité protègee fermée.
Or, depuis elle dépérit et tombe en dépression.
Chacune de mes visites est une épreuve où elle devient violente en s'accrochant à moi pour pouvoir sortir et m'accompagner.
Ayant demandé qu'elle retourne en unité classique, l'EHPAD menace de ne plus s'en occuper et la faire rentrer chez elle, C'est à dire chez moi où elle vivait les derniers temps avant d'entrer en EHPAD.
Or le maintien à domicile est nettement impossible (troubles comportementaux dangereux pour elle et moi même)d'autant qu'il n'y a personne chez moi quand je suis hospitalisée (souvent souffrant d'une maladie chronique moi même).

Je perd pied et ne sais plus quel recours adopter si l'EHPAD met sa menace à exécution.

Vos idées sont bienvenues à ce sujet, je vous en remercie.


Réponses
1 message de membre 2 messages d'experts
Isabelle Charret Médecin gériatre 22 janvier 2026 8:48

Transfert en Unité protégée de l'EHPAD sans accord de la famille.  

Bonjour Mimosa,

 

Excellente initiative que celle de nous avoirs contacté ! La situation vous met en panique, alors on est tenté de vous dire: posons nous ensemble et voyons ce qu’il est possible de faire. C’est un petit travail pour retourner la lorgnette (ou pas d’ailleurs).

 

Un peu d’histoire :

 

Un nombre très important de personnes avec une maladie neurocognitive en institution vont et viennent et essayent d’ouvrir les portes intérieurs et extérieures. Lorsque ces personne sortent elles en vivent des aventures ! Qui prend deux bus pour se retrouver à la Brasserie de la gare du Nord où il prenait un déjeuner du dimanche; qui retourne chez elle en faisant du stop; qui va chez le concessionnaire automobile pour se commander une voiture et … qui se fait renverser, qui se perd et meurt de froid etc etc. L’expérience confronte les soignants que nous sommes à d’incroyables situations, drôles ou dramatiques mais toujours stressantes !

Pendant ce temps, l’institution est dans tous ses états, cherche parfois plusieurs jours et les autres malades sont un peu délaissés. Pendant ce temps, la famille est au cent coups et que cela se termine bien ou mal, menaces de procès pour surveillance insuffisante sont parfois proférées.

 

Au début des EHPAD, il y a 20/25 ans (qui succédaient aux maisons de retraite, ouvertes et où on constatait de drames), on découvrait cela, on tolérait cela. La société a changé : zéro tolérance de quoique ce soit, vision perfectionniste des prises s en charge, du juridique et manque crucial de personnel. Mais à y regarder de près, ce n’était pas forcément mieux avant !

 

Qu’est ce qui choque dans ce que vous décrivez ?

 

  • Le fait qu’on offre à votre maman un milieu certes fermé mais sécurisé ? Non !
  • Le fait que les personnels soient un peu mieux formés à gérer ces maladies ? Non !
  • Le fait qu’elle a un espace d’exploration moindre en particulier au jardin ? Oui !
  • Le fait qu’elle semble dépérir comme vous dites ? Oui !
  • Le fait qu’on menace de ne plus s’occuper de votre maman ? Oui !

 

Il n’est absolument pas évident que le retour en unité ouverte soit la solution. En EHPAD, la construction du projet de vie se passe entre l’institution, la famille et la personne malade. Il faut que chacun y trouve son compte de la manière la plus égalitaire qui soit. C’est cela qu’il faut construire.

 

En retournant en unité ouverte, votre maman risque fort de vouloir refaire ses « promenades en extérieur » : ni l’EHPAD ni vous ne voulez prendre ce risque.

Mais elle a besoin de bouger, d’explorer pour se sentir bien : alors, promenades accompagnées (des étudiants, des associations le font).

 

Le fait que le jardin ne soit pas sécurisé pose question : pas de codes pour les portes de sortie ? (Mais parfois des personnes se glissent dehors avec les visiteurs !).

 

Des activités rassurantes lui sont elles proposées ?

 

La menace de ne palus s’occuper de votre maman n’est pas entendable et cristallise forcément l’incompréhension. Il faut tout reformuler. Exemple idéal !! :

« Voilà déjà plusieurs fois que votre maman sort. Nous pensons aux conséquences, nous ne pouvons pas la surveiller de façon si rapprochée. C’est la raison pour laquelle nous assurons sa sécurité, la nôtre et la vôtre en unité fermée. Nous aurions du vous en avertir, mais une place s'est libérée. Par contre elle a besoin de bouger, de déambuler : nous mettrons en place des activités, nous l’accompagnerons au jardin. Et nous réfléchissons à des codes portes . Mais, nous nous occuperons d'elle comme il faut ».

 

 

De votre côté, posez vous la question :

  • C’est quoi « dépérir » ? Listez tout ce que vous remarquez du plus au moins importants. Ainsi vous verrez ce qui pet être amélioré.
  • Qu’est ce qui vous touche le plus dans ce que vit votre maman et ce que vous ressentez : cette maladie, l’enfermement, la réaction de l’institution (menaces) ?

Vous êtes totalement lucide : votre maman ne peut rentrer chez elle. C’est déjà beaucoup car certains proches sont dans le déni ce qui n’aide en rien.

 

Enfin, si votre maman a besoin d’un grand parc sécurisé, de se sentir au dehors, d’activités plus stimulantes, il faut voir à trouver une institution qui offre cela, en se rappelant que le risque zéro n’existe pas : si elle peut sortir à sa guise, elle peut chuter durement etc etc

 

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Marie-Hélène Isern-Réal Avocate 22 janvier 2026 15:20

Transfert en Unité protégée de l'EHPAD sans accord de la famille.  

Bonjour Mimosa71,

Le Docteur Charret vous a permis de faire le point précis de la situation de votre maman. Personne ne veut prendre la responsabilité de ce qu'il lui arrive un accident, mais vous considérez qu'un hébergement en milieu fermé est excessif et nuit à son état psychique.

Voici quelques précisions sur le plan juridique.

Ce transfert aurait dû être concerté avec vous dont je suppose que vous êtes personne de confiance, et il est impératif de tenir compte de vos remarques sur les conséquences de l'installation en milieu fermé.

Dans un premier temps, vous pouvez faire examiner votre maman par un gérontopsychiatrie qui "objectivera" les conséquences du milieu fermé sur son état psychique et pourra éventuellement faire des préconisations.

Mais peut-être suffit-il dans un premier temps de renouer le dialogue avec l'institution pour mettre en place un protocole qui sera consigné dans le plan personnalisé annexé au contrat de séjour. Ce protocole permettra une solution adaptée que vous proposerez : dame de compagnie, étudiant, bénévole associatif qui permettra de sortir votre maman du milieu fermé et l'accompagnera pour qu'elle sorte en toute sécurité. De nombreux aidants font ce choix, comme l'a signalé le Docteur Charret, car cette solution est en général acceptée par les établissements.

Mais vous dites que votre maman était violente, même avec vous. Il sera bon de lui faire accepter la relation avec la personne qui s'occupera d'elle.

En cas de blocage pour mettre en place le plan personnalisé, vous pourrez faire appel à une médiation. Il s'agit du médiateur de la consommation AME Conso : mediationconso-ame.com. dont vous devez avoir l'adresse dans le contrat de séjour. Il n'est pas chargé de la partie médicale et sociale, mais la plupart des médiateurs pour EHPAD acceptent d'intervenir cependant pour favoriser les relations entre l'établissement et la personne, d'autant que le plan personnalisé fait partie du contrat.

Parallèlement, vous pouvez signaler la difficulté, si elle est persistante, à l'ARS de la région dont vous trouverez les coordonnées sur internet, notamment sur la question générale de la possibilité de sortir du jardin qui concerne la sécurité de tous les résidents. Avez-vous fait porter la question au conseil de la vie sociale ?

Un changement d'établissement peut aussi être envisagé, si vous pouvez trouver mieux.

Il y a en tout cas des solutions juridiques pour imposer votre point de vue sur la situation de votre maman et trouver des aménagements qui permettront à tous d'être rassurés sur son bien-être et sa sécurité.


Mimosa71

Mimosa71

22 janvier 2026 19:58

Transfert en Unité protégée de l'EHPAD sans accord de la famille.  

Bonsoir Dr CHARRET et Maître ISERN-REAL,

Je vous remercie infiniment pour le temps que vous avez consacré à me répondre, par des analyses et conseils personnalisés pertinents, développés et expérimentés de la situation que j'ai exposée. Des réponses auxquelles je ne m'attendais pas du tout et je suis effectivement enchantée d'avoir contacté ce forum ! Cela m'aurait été d'un grand secours depuis le temps que la situation est très difficile à gérer...

Pour répondre dans un 1er temps au Dr CHARRET, ce qui me touche le plus dans cette situation est sa maladie. Je suis obligée de l'accompagner moi-même tous les jours 2 fois par jour pour qu'elle puisse sortir car elle refuse toute aide du personnel médical. Ce qui d'ailleurs posait déjà problème au domicile. Mais le fait de ne pas sortir librement et d'être dépendante d'une tierce personne même si c'est moi-même, sa fille et personne de confiance la fait déprimer (presque en état de glissement). J'ai proposé le retour en milieu classique mais avec un traçage GPS par mes soins pour la suivre et échanger avec elle au téléphone pour qu'elle se ravise. Car le gros soucis est que le plus souvent, elle a besoin de sortir (avec son sac à dos) quand je ne suis pas disponible pour lui répondre au 100ème coup de fil qu'elle m'envoie ... Merci à vous !

En réponse à Maître ISERN-REAL. La décision a bien été concertée en réunion avec la direction, l'IDEC et le médecin coordonateur, mais il a été répondu à mon refus qu'ils seraient alors obligés de ne plus la garder avec retour à son domicile prévu...
J'ai bien demandé qu'elle soit vue par le gérontopsychiatre (déjà passé en novembre) mais il m'est répondu que ces spécialistes ne se déplacent qu'exceptionnellement en EHPAD. Et ne l'ont plus appelé. 
Ma mère n'a pas été violente avec moi, mais repoussait violemment les aides-soignantes pour pouvoir me suivre à l'extérieur lors de mes départs de l'Unité de Vie Protégée. 
Je vais examiner les possibilité de plan personnalisé avec la Direction. Quant au Conseil de Vie Sociale, je ne sais s'il en existe un au sein de la structure puisqu'il n'est mentionné nulle part et on ne m'en a jamais parlé.
Un changement d'établissement est bien évidemment impossible car il s'agit de l'EHPAD le plus proche de mon domicile me permettant d'apporter quotidiennement les repas chauds à ma mère qui refuse de manger (au risque de mettre sa vie en danger) ce qu'ils proposent.
Merci à vous !

Bien cordialement,


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