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Maladie d’Alzheimer : le genre masculin protège (un peu)

Maladie d’Alzheimer : le genre masculin protège (un peu)

Un homme pour deux femmes, la parité n’est pas vraiment de mise au cœur de la maladie Alzheimer. Mais comment l’expliquer ? 

Les hormones masculines (androgènes) et féminines (œstrogènes et progestérone) exercent toutes un effet protecteur sur le cerveau. Lorsqu’elles viennent à diminuer, ce véritable bouclier se fissure et rend les neurones plus vulnérables à la maladie d’Alzheimer. 

Des raisons hormonales… 

C’est le cas à la ménopause, qui touche toutes les femmes à la cinquantaine. Cet événement naturel traduit une chute de la sécrétion d’œstrogènes et de progestérone par les ovaires. 

L’homme ne connaît pas de phénomène comparable. Chez lui, il peut se produire une baisse de la production de testostérone par les testicules avec l’avancée en âge (andropause ou déficit androgénique lié à l’âge) mais elle est modérée, très progressive et surtout beaucoup plus rare. Près de 95% des hommes de 70 ans ne sont pas andropausés ! Une chance pour leur cerveau, sur lequel les androgènes exercent différentes actions bénéfiques. Elles favorisent par exemple la croissance des neurones, la régénération de leurs prolongements (axones) et le fonctionnement des connexions neuronales (synapses). Les androgènes pourraient également protéger le cerveau contre l’accumulation de protéines béta amyloïdes, à la fois en diminuant leur production et en augmentant leur élimination. 

Or ces dépôts amyloïdes sont, avec ceux de protéines tau, responsables à terme de la maladie d’Alzheimer. 

…Mais pas uniquement ! 

Pour autant, les spécificités hormonales masculines ne suffisent pas à expliquer à elles seules pourquoi, dès l’âge de 45 ans, une femme a environ 20% de risque de souffrir un jour d’une maladie d’Alzheimer, et un homme, 10% seulement. Il possède en effet d’autres atouts pour mieux résister et ils tiennent davantage au genre qu’au sexe, c’est-à-dire à des facteurs non pas biologiques ou physiologiques mais sociaux, culturels et environnementaux au sens large. 

L’éducation en fait partie. Au siècle dernier, les hommes ont plus souvent que les femmes fait des études supérieures et exercé une activité professionnelle, soit deux bonnes occasions de stimuler leurs neurones et donc de renforcer leur « réserve cognitive ». Elle permet à leur cerveau de résister aux lésions de la maladie d’Alzheimer de façon plus efficace et plus durable. 

Parmi d’autres différences liées au genre, les hommes ont également deux fois moins de risque de souffrir de dépression que les femmes et ce dès la puberté. Or une dépression de longue durée mal soignée réduit la capacité du cerveau à compenser les lésions de la maladie, autrement dit elle peut accélérer l’apparition de ses manifestations. 

Une dernière différence ? En France, un homme vit (en moyenne) 79,5 ans, soit six ans de moins qu’une femme. Ce petit différentiel peut suffire pour que la maladie d’Alzheimer n’ait pas le temps de se manifester chez lui, alors même que des lésions tau et amyloïdes sont présentes depuis des années dans son cerveau. 

Source : INED 

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