Les maladies psychiatriques lors de l’avancée en âge

Les maladies psychiatriques lors de l’avancée en âge

Dépression, paranoïa, schizophrénie, bipolarité,… les maladies psychiatriques sont des maladies qui s’installent chez l’adolescent et l’adulte jeune et sont rarement réactionnelles à un événement traumatisant majeur.

Il faut également considérer les personnalités pathologiques :  cas chroniques de souffrance psychique, plus ou moins sévères, dans lesquels un grand trait va dominer toute la vie telle une dépression , une paranoïa, une personnalité antisociale, des conduites alimentaires pathologiques etc. 

Une précision d’importance

Lors des maladies neuro évolutives avec troubles cognitifs (maladie d’Alzheimer, maladie à corps de Lewy, dégénérescences frontales…), des troubles du registre de la psychiatrie surviennent : délires, dépression, agressivité violente etc. Ce ne sont pas des maladies psychiatriques chroniques.

Ce qui change pour les malades et leurs proches aidants

Vous, aidants qui avez parfois longtemps accompagné un proche (enfant ayant souffert d’une maladie psychique dès la jeunesse, conjoint, membre de la famille), avez besoin d’être préparés à certains changements.

Les signes cliniques de la maladie

Si chaque personne va continuer de présenter les grands traits de sa maladie chronique (dépression, psychose hallucinatoire par exemple), 

on observe :

  • Beaucoup moins d’idées délirantes excessives avec passage à l’acte. 
  • Un émoussement de l’agressivité, des affects.
  • Une diminution de l’attirance aux addictions (alcool en particulier)
  • Moins de phases maniaques que de phases dépressives dans la maladie bipolaire. Mais les épisodes maniaques peuvent apparaitre comme une bonne humeur alors qu’il n’en n’est rien : prudence.
  • La diminution sévère de l’élan vital par rapport aux idées tristes dans la dépression.

Les traitements

Les médicaments (antidépresseurs, antipsychotiques, anxiolytiques, thymorégulateurs) sont beaucoup moins bien tolérés et entrainent des effets secondaires plus marqués :

rétention d’urine, occlusion intestinale, ralentissement des idées, troubles de la mémoire…

Il y a donc urgence à les réajuster autant de fois qu’il le faut sans les arrêter !

Les conséquences de longues années de maladie psychiatrique

Les traitements lourds, les phases d’hospitalisation en structures spécialisées, l’inadaptation sociale, l’isolement souvent, la perte des réalités, les addictions fréquentes vont avoir un effet cumulatif alourdissant les phénomènes du vieillissement.

Le ressenti de fragilité arrive au tout premier plan créant une angoisse souvent paralysante, privant la personne déjà ralentie de toute initiative ou induisant des demandes de réassurance permanentes , ce qui épuise l’entourage.

Pour se rassurer, la personne risque de s’entourer de toutes sortes d’objets pour se rassurer : thésaurisation (du mot trésor) et collections de toutes sortes : on parle de syndrome de Diogène lorsqu’il existe une accumulation avec négligence extrême, et de syndrome de Noé lorsque cela  touche des animaux vivants ou morts…

Par peur d’une atteinte physique, le corps, l’hygiène sont constamment négligés et l’habillement excessif et peu changé.

Malheureusement, les troubles le l’attention, de la mémoire, la capacité à s’organiser s’aggravent mais il ne s’agit pas d’une maladie individualisée telle Alzheimer, mais de troubles cognitifs accentuant la dépendance.

Où et comment continuer à accompagner votre proche malade ?

Il arrive un moment où les maisons d’accueil spécialisées ou le domicile ne sont plus des lieux de vie possibles pour les malades psychiatriques (limite d’âge, vieillissement ou disparition des proches).

En établissement

L’EHPAD n’est certainement pas le lieu de vie adapté à une

psychiatrie vieillissante sauf à des âges très avancés.

En effet, on constate un manque cruel de psychiatres ou de psycho gériatres, une méconnaissance des troubles par certains personnels soignants aboutissant à une mauvaise gestion des comportements et des prescriptions abusives.

Il est nécessaire d’encadrer cette vie institutionnelle par des avis médicaux spécialisés et pourquoi pas de partager avec les soignants l’expérience et le savoir-faire que vous avez de votre proche ?

Au domicile

Vous, aidants, connaissez votre proche depuis si longtemps, mieux que quiconque ! Cependant, il va falloir vous adapter un peu :

  • En constatant l’apparition de troubles cognitifs, ne mettez pas en place trop d’activités de stimulation cognitive, ce qui provoquerait un état de déstabilisation.
  • Face à des demandes incessantes de réassurance, cadrez petit à petit en instaurant des moments d’échanges ; vous pouvez créer un coin apaisant avec une lumière orangée, calmante.
  • Ritualisez la plupart des étapes du quotidien. Posez à l’autre et posez vous  des limites très claires dont on ne déroge pas 
  • N’engagez pas de rangement excessif lors d’accumulations : laissez toujours un coin de « bazar propre ».

Et vous dans tout ça ?

La douleur d’une maladie psychique de toute une vie est toujours  partagée par l’entourage.

Le vieillissement et la fragilité qui surviennent touchent tous les acteurs de cette aventure. Il est donc plus que jamais indispensable de ne pas s’isoler et de se faire aider par des centres spécialisés, des forums, des associations, des réseaux, des lieux où existe une vraie solidarité pour les aidants. N’hésitez pas à les contacter !

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