Proches aidants : cuisiner avec son proche pour stimuler le cerveau
Cuisiner avec une personne atteinte de troubles cognitifs peut devenir une véritable activité de stimulation du cerveau.
Même lorsqu’elle est simple, la préparation d’une recette mobilise de nombreuses fonctions cognitives, sensorielles et émotionnelles.
Pour les personnes vivant avec une maladie cognitive, les limitations liées à la pathologie peuvent progressivement enfermer dans une forme d’impuissance face aux tâches du quotidien. Pourtant, certaines activités accessibles, comme la cuisine, permettent de stimuler les capacités cognitives tout en redonnant un rôle actif à la personne.
Pourquoi la cuisine stimule le cerveau
Le cerveau des grands chefs, et plus particulièrement le cervelet, est impliqué dans les compétences motrices et l’acquisition de nouvelles aptitudes. Il a été observé une augmentation du volume de matière grise chez les chefs cuisiniers par rapport aux personnes non expertes*.
Bien sûr, les proches que vous accompagnez ne sont pas des chefs. Mais les mécanismes cérébraux mobilisés lors de la cuisine peuvent aussi être bénéfiques pour eux.
La cuisine mobilise de nombreuses fonctions cognitives
La préparation d’une recette mobilise diverses compétences essentielles : compréhension de la tâche, planification, mémoire, attention focalisée et gestes précis (couper, malaxer, verser, répartir, équeuter, poser sur une assiette).
Elle oblige également à maintenir l’attention et à tenir à distance les pensées dispersées ou anxiogènes.
C’est précisément ce dont votre proche peut avoir besoin.
Un outil de stimulation cognitive et de lien avec l’aidant
Cuisiner peut devenir un véritable outil de stimulation cognitive et un moment de rapprochement entre l’aidant et la personne en difficulté cognitive.
En répétant cette activité, on renforce la mémoire et on stimule la plasticité cérébrale, permettant d’établir de nouvelles connexions neuronales.
Des mémoires secondaires peuvent ainsi se créer, même lorsque la mémoire immédiate est altérée.
Mettre en place un petit atelier cuisine
Pour favoriser la participation, il est important de créer un environnement rassurant : surface de travail dégagée, ingrédients visibles et ustensiles bien alignés.
Limiter la recette à cinq ingrédients et utiliser des ustensiles adaptés facilite également la tâche.
Il est préférable de privilégier des aliments faciles à manipuler :
Courgette (qui n’a pas besoin d’être épluchée), petites tomates, concombre, gros haricots verts plats, fruits rouges (dont les fraises), banane, jambon à effilocher, œufs durs à écraser.
Des recettes simples à répéter comme un exercice
Certaines recettes sont particulièrement adaptées :
- Tian de courgettes et tomates
- Crumble de fruits rouges
- Salade de fruits
- Petits sandwiches de pain de mie pour l’apéritif
- Smoothie aux fruits rouges
Le fait de répéter les mêmes recettes peut devenir un rituel rassurant et stimulant.
Cuisiner pour entretenir les capacités et le lien affectif
Le plaisir de cuisiner contribue à restaurer les liens affectifs avec l’environnement proche et à maintenir certaines capacités.
Ces recettes rituelles peuvent devenir “LA recette” de votre proche, un moment partagé et attendu par tous.
Alors ? Prêts cuisiner et à consommer sans modération ?
Détail des recettes
1. Tian courgettes et tomates
Sur un fond de tarte en pâte brisée, étalez de la moutarde, disposez une alternance de rondelles de tomates et courgettes saupoudrées d’herbes de Provence et/ou de parmesan.
Cuisson au four 180° 30 minutes.
2. Crumble de fruits rouges
Au fond d’un plat au four, étaler de la compote de pomme, mettre les fruits rouges choisis, recouvrir d’une pâte sablée (150G farine, 120g sucre et 75g beurre malaxés).
Cuisson au four 180° 30 minutes
3. Petits sandwiches de pain de mie pour l’apéritif ou en-cas variés à couper en différentes formes avec les emporte-pièces
4. Smoothie aux fruits rouges et yaourt
Une banane, 100 g de fraises (fraîches ou surgelées), 200 ml de yaourt nature ou de lait, sucre ou miel. Passer au mixer.
* Références : Institut de bio imagerie médicale Canzaro, Italie et Sylvie Chokron, directrice de recherche CNRS
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