La question de la culpabilité…

La question de la culpabilité…

Souvent, les aidants évoquent un sentiment de culpabilité lorsqu’ils sont amenés à prendre du temps pour eux, à faire appel à un service d’aide professionnelle ou encore au moment de l’entrée en établissement d’accueil de leur proche, ou tout simplement lors d’un recours à un accueil de jour. 

Etre coupable, lorsque l’on regarde le dictionnaire, renvoie à la faute et plus généralement à la responsabilité. Etre coupable, c’est donc recevoir un jugement, pouvant émaner de soi-même, de son entourage ou encore de la société. Etre coupable, c’est aussi que l’on porte la faute  de ne pas faire ce qu’il faut pour l’autre. 

Parfois, aider beaucoup sans penser à soi amène les aidants à faire face à une sorte de sentiment d’échec. Comme s’ils n’étaient pas en capacité de parvenir à s’occuper « correctement » de leur proche. N’est-il pas paradoxal que le prendre soin de soi soit vécu comme une erreur, que le fait de vouloir le bien d’autrui soit source de culpabilité ? Par exemple, n’est-il pas paradoxal de prendre du temps pour aller faire quelques courses alimentaires et se sentir coupable de prendre une heure de temps alors que ces courses sont également pour le bien-être de la personne que l’on accompagne ? 

Et puis, tout ce que l’on peut ressentir vis-à-vis de son proche ou de sa propre situation n’est pas toujours de l’ordre de la culpabilité : il y a parfois des sentiments qui peuvent relever du regret, de la tristesse, ou encore d’un sentiment d’impuissance. Par exemple, lorsqu’un aidant habite loin de chez son proche et ne peut pas s’y rendre souvent, il ne s’agit pas de culpabilité mais plutôt d’un regret qui n’empêche pas que les moments partagés soient des instants privilégiés. D’où cette importance de communiquer à son proche et à son entourage ses doutes, ses priorités, ses envies et ses choix… 

Connaissez-vous le concept de la résilience, développé par l’éthologie[1] ? Il s’agit de la capacité pour les personnes victimes de traumatismes de trouver en soi ou dans leur environnement des ressources pour les surmonter et s’épanouir. Cette résilience est rendue donc possible grâce à l’environnement, d’où l’importance pour les aidants à continuer à mener une vie sociale, de disposer de temps, d’avoir recours à l’aide professionnelle. 

Il est donc question de renommer les vrais sentiments et de ne pas tout inscrire dans le magma de la culpabilité, de pouvoir nommer ce que l’on ressent et de l’exprimer au proche que l’on accompagne et à son entourage. 

Cette démarche permettra de pouvoir continuer à jouer pleinement son rôle d’aidant, tout en conservant sa position de parent, enfant ou autres, avec tous les liens affectifs qu’il existe. Cet accompagnement  est, certes, difficile mais créatif et empli de belles histoires. 

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