La résilience : de quoi s’agit-il et en quoi cela concerne-t-il les proches aidants et ceux qu’ils accompagnent ?

La résilience : de quoi s’agit-il et en quoi cela concerne-t-il les proches aidants et ceux qu’ils accompagnent ?

La résilience se définit par une capacité à pouvoir rebondir et être emporté de nouveau par un élan vital à la suite d’un évènement traumatique déstabilisant. Ce n’est ni encaisser, ni résister, ni prendre à la légère qui sont des attitudes statiques. C’est au contraire un mouvement d’évolution qui permet d’avancer, voire de renaître grâce au rebond. 

La résilience dans le domaine des processus de vieillissement

Les personnes qui vieillissent, avec ou sans pathologies liées à l’âge, et les proches qui les accompagnent voient leur quotidien émaillé par la survenue d’évènements qui les bousculent. Plus ou moins graves, parfois incompréhensibles lors des troubles cognitifs, mais s’additionnant souvent, ils finissent par mettre en péril leur équilibre au niveau individuel ou social : on peut parler de traumatisme si la personne le perçoit comme une blessure profonde. 

Cela peut aller d’une diminution sévère de vision, à l’abandon d’un lieu de vie devenu inadapté à un handicap, à la survenue d’une maladie neurodégénérative, à la perte d’un animal de compagnie et tout ce qu’on peut rencontrer. Pour un malade d’Alzheimer, toute situation nouvelle est un traumatisme car elle ne peut l’analyser. Pour un malade parkinsonien, toute nouvelle chute est une catastrophe.

C’est là que la résilience s’invite : il n’y a pas que dans les situations extrêmes qu’elle est à l’œuvre ! Or, on en parle surtout dans des situations exceptionnelles de survie et d’adaptation hors du commun à des traumatismes gravissimes. Comme le dit Boris Cyrulnik, médecin neuropsychiatre :

« La résilience c’est la culture de l’épanouissement, pas celle de la performance »

Face à la situation traumatique : résilient ou non résilient ?

Chaque traumatisme est ressenti différemment par chaque individu et il n’y a ni bonne, ni mauvaise attitude pour y faire face. Le repli, la rumination vont incarcérer la personne dans cette situation ou bien la possibilité de continuer, la demande d’aide vont l’en désincarcérer. La résilience n’efface jamais le traumatisme : elle le rend plus aisé à supporter en allant de renaissance en renaissance. 

L’aptitude à la résilience est à la fois innée et acquise : familiale (habitude de communiquer, fratrie chaleureuse), sociale (activités collectives, pratique spirituelle ou artistique), individuelle (génétique, humeur positive).

Ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui vont tisser des liens qui vont les aider à communiquer, à réaliser des démarches, à être entendus dans ce qu’ils ressentent : ils vont être soutenus, comme pour un végétal par des « Tuteurs de résilience » et ainsi pouvoir se régénérer et croître. Ce sont, en premier lieu, d’autres êtres humains mais également une activité, un animal de compagnie, en bref, tout ce qui peut étayer.

Les empêchements à la résilience s’exercent hélas ! dans toute population fragile à laquelle appartiennent malades âgés et proches aidants.

Ce sont l’isolement (disparition des réseaux amicaux, décès des enfants déjà âgés alors que l’on est soi-même, ressources financières limitant les activités de partage, maladies invalidantes), la privation de parole, les troubles cognitifs (le sujet ne comprend pas ce qui lui arrive), la honte, le manque de temps disponible.

Quelques illustrations : un autre sens à sa vie

  • Cette dame est dévastée par l’entrée en institution après un AVC invalidant sur les plans physique et cognitif : elle se construit un scénario qui lui fait réaliser son rêve d’être servie comme une invitée au moment du café, elle qui, toute sa vie, a plié le linge dans l’hôtel où elle travaillait.
  • Cet homme atteint par la maladie de Parkinson va trouver en son kinésithérapeute un soutien qui va l’amener à des Olympiades Parkinson lors desquelles il va s’épanouir comme jamais.
  • Cette femme, aidant à plein temps sa mère lourdement handicapée, va renouer avec sa passion du potager et offrir des légumes grâce à un service d’aide à domicile qui va lui dégager du temps libre. 

Comment faire dans des contextes contraints (maladie, grand âge, isolement…) ?

On sait bien que même avec une capacité de résilience solide, il faut pouvoir la mobiliser. Or, dans un contexte où les liens avec l’extérieur sont de moins en moins évidents, ce n’est pas possible. 

Il faut alors compter sur des tuteurs de résilience émanant d’un environnement solidaire et soutenant, compromis par la situation sanitaire actuelle : présence et écoute, détection des désirs et des peurs de la personne, ouverture à des activités, reconnexion à un ressenti corporel. Ce n’est pas imposer un programme, c’est une construction mutuelle, patiente et bienveillante, qui va réveiller cette aptitude à la résilience finalement mise à mal par l’extérieur. 

Pour approfondir :

  • Un merveilleux malheur Ed. Odile Jacobde Boris Cyrulnik
  • Autobiographie d’un épouvantail Ed. Odile Jacobde Boris Cyrulnik
  • Résilience, vieillissement et maladie d’Alzheimer Ed. Solal de Antoine Lejeune  (Auteur), Claire Maury-Rouan  (Auteur), Boris Cyrulnik (Préface)
  • Résilience et personnes âgées Ed.Odile Jacobde Boris Cyrulnik et Louis Ploton

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