Prévenir les chutes

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Article rédigé par Jean-Jacques ARVIEU, Médecin des hôpitaux, 14 octobre 2011 - mis à jour le 22 juin 2015 Consulter son profil complet

Les chutes représentent un réel problème de santé publique, tant les chutes sont fréquentes et tant leurs conséquences peuvent être graves.

On estime que 30% des sujets de plus de 65 ans font une ou plusieurs chutes par an. Après 85 ans, 50% des personnes chutent. L'âge est un facteur de risque de chute, il faut intégrer cette donnée pour y faire face en particuliers par des actions de prévention.

Il en va de la santé voire de la vie, en effet, on compte jusqu'à 12 000 décès par an qui seraient la conséquence des chutes ; les chutes sont un indicateur de fragilité, elles surviennent alors chez des personnes qui ont des facteurs de risque de décompensation et de perte d'autonomie. Autrement dit les chutes ne doivent pas être négligées compte tenu de leur risque évolutif et de la signification qu'elles revêtent.

Pourquoi tant de chutes ?  

Nous avons dit que le vieillissement est un facteur de risque de chute, ceci s'explique par les conséquences du vieillissement physiologique, par celles des maladies, par les traitements suivis et par l'environnement dans lequel vit la personne âgée.

Le vieillissement physiologique touche la vitesse du flux nerveux, l'acuité visuelle, le fonctionnement du système d'équilibre, la force musculaire, les amplitudes articulaires, la sensibilité superficielle.

La liste est longue parce que le système para chute est complexe et inclut le fonctionnement de divers appareils et fonctions qui doivent permettre à temps de réagir face à un déséquilibre. Rappelons que la marche engendre un déséquilibre quasi permanent et lorsqu'un petit grain de sable entre dans une mécanique si élaborée, alors la chute survient.

Des maladies et des traitements sont en cause

Il ne s'agit pas d'en faire une liste à la Prévert, citons les principaux responsables :

Les causes neurologiques : * la maladie de Parkinson parce que les malades souffrent d'hypertonie musculaire, de tremblements, d'une atteinte motrice, d'ou un déséquilibre fréquent avec réactions compensatrices inopérantes.

                                      * les syndromes démentiels parce que les malades tombent plus que la population générale de mêmes âges.

                                      * les déficits moteurs et sensitifs de cause vasculaire (tel hémiplégie), de cause toxique et métabolique (alcool, diabète). Ces causes invitent pour la première à la rééducation et pour les secondes à une prise en charge spécifique spécialisée.

Les causes ostéo articulaires : en particulier l'arthrose des hanches, des genoux, les pathologies du pied, des chevilles ; les séquelles de traumatismes, de traitements chirurgicaux.

Les causes cardio vasculaires : notamment les troubles du rythme cardiaque entraînant malaise, trouble de la vigilance, syncope. L'hypotension orthostatique (chute durable de la pression artérielle lorsque l'on se met debout) entraîne également malaise source de chute.

Les causes visuelles avec diminution de l'acuité visuelle (cataracte, DMLA, glaucome).

Les causes métaboliques telles hypoglycémie, déshydratation.

Les causes médicamenteuses : la liste des médicaments pourvoyeurs de chutes est longue, devant toute chute il faut regarder les ordonnances et penser à leur participation possible  à la genèse de la chute.

Enfin il faut envisager les causes environnementales que ce soit à domicile et à l'extérieur : le chaussage inadapté, l'éclairage insuffisant, les tapis et les fils qui font trébucher, les surfaces glissantes, le mobilier urbain mal positionné, l'encombrement des trottoirs, les travaux mal signalés etc….

Il convient donc de rechercher ces facteurs en étant orienté par le patient et d'agir sur chaque cause et chaque facteur favorisant afin de prévenir la rechute.

Quelques conséquences de chute :

traumatiques : osseux de la hanche en particulier (50 000 par an) ; cutanés avec plaies, abrasion, hématomes ; hématomes cérébraux.

psychomotrices avec syndrome post chute dont il faut retenir l'urgence de prise en charge par une équipe pluri professionnelle. Ce syndrome fait que la personne a peur de rechuter et reste donc dans le fauteuil comme collée à lui. Elle ne peut se lever seule et debout les membres inférieurs sont fléchis, survient alors une retro pulsion qui tend à rasseoir la personne. Laissé à lui même, le syndrome aboutit à la grabatisation qui survient rapidement.

psychologique : possible anxiété, prendre conscience de sa fragilité, perdre la confiance en soi, avoir un sentiment d'insécurité, se replier sur soi, vivre une dépression secondaire.

Les traitements sont préventifs et curatifs ; en premier lieu devant une chute il faut réaliser un évaluation globale du chuteur, ne pas banaliser, agir sur tous les facteurs en cause, hiérarchiser les médicaments, poser vite l'indication d'un soutien psychologique, assurer un suivi de la personne et de son entourage ; mettre en œuvre une stratégie préventive.

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