Alzheimer : jouer pour se soigner avec les serious games

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Article rédigé par Olivier de Ladoucette, Président de la Fondation pour la recherche sur Alzheimer, 18 février 2019 - mis à jour le 20 février 2019 Consulter son profil complet

Stimuler les malades Alzheimer est utile. Utiliser pour ce faire un serious game présente des atouts supplémentaires !

Qu’est-ce qu’un serious game ?

A la différence d’un jeu vidéo classique, le serious game (ou jeu sérieux) ne vise pas seulement à divertir. Il utilise son attrait ludique pour atteindre un autre objectif : informer, éduquer, s’entrainer...

Dans le domaine de la santé, des serious games sont utilisés par exemple pour former le personnel médical. D’autres ont été conçus pour traiter les phobies ou faire de la rééducation après un accident vasculaire cérébral. Il est plus facile et plus motivant dans la durée de suivre un traitement en jouant, à 7 comme à 97 ans !

Chez les personnes âgées en bonne santé, l’utilisation de jeux vidéo qui ciblent l’amélioration des capacités physiques (exergames) ou cognitives ont démontré leur efficacité. Ainsi, un jeu de conduite d’une voiture conçu par une équipe de chercheurs américains s’est avéré capable de renforcer la mémoire de travail et la concentration d’un groupe de seniors (60 à 85 ans). Après un mois d’utilisation, leurs performances sont même devenues supérieures à celles de juniors (20 ans) utilisant le jeu pour la première fois !

Bon pour l’esprit et pour le corps !

Mais qu’en est-il dans la maladie d’Alzheimer ? Plusieurs études ont évalué l’intérêt de jeux d’entrainement physique ou cognitif du commerce (Wii fit, Lumosity...). Ils peuvent bel et bien améliorer notamment la marche, l’équilibre, l’attention, la mémoire et les capacités visuo-spatiales des malades.

Au-delà, ils ont un impact positif sur l’humeur et favorisent les interactions sociales. Afin d’aller plus loin, des équipes de recherche ont développé des serious games spécifiques pour la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentés (Kitchen and cooking, X-Torp, MINWii…), avec là encore des résultats très encourageants. Un panel international d’experts a même publié des recommandations dédiées. Elles confirment que l’usage des serious games est adapté aux personnes âgées qui présentent une atteinte légère, voire à ceux qui sont à un stade plus avancé de la maladie. Elles précisent également quels sont les objectifs : stimuler les capacités physiques et cognitives, mais aussi favoriser les échanges et améliorer le bien-être et l’autonomie. Elles donnent enfin des consignes très pratiques : préférer une utilisation accompagnée par un aidant (si possible entrainé au jeu) plutôt que par le malade seul, à la maison comme en structure de soins, et jouer à une fréquence moyenne de 2 à 4 fois par semaine.

Pour les soignants et les aidants aussi !

Des serious games sont développés pour aider les médecins à diagnostiquer la maladie d’Alzheimer, pour former les équipes des établissements d’accueil ou encore pour mieux comprendre le quotidien d’un malade à l’exemple de l’application gratuite A walk through dementia (en anglais).

A lire aussi :

Sources : Frontiers in Aging Neuroscience, Journal of Alzheimer's Disease

Mots clés : Maladie d'Alzheimer
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