De sautes d’humeur en colères : comment expliquer l’agressivité dans la maladie d’Alzheimer ?

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Article rédigé par Olivier de Ladoucette, Président de la Fondation pour la recherche sur Alzheimer, 6 janvier 2016 Consulter son profil complet

La plupart des comportements agressifs ont une cause particulière. Prendre le temps de l’identifier permet de retrouver une ambiance plus sereine.

A un moment ou l’autre, 36% des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer se montrent irritables et s’énervent « pour un rien ». Elles sont aussi 40% à faire preuve d’agressivité*, en général verbale au travers de cris, d’insultes ou de menaces. Plus rarement, le comportement agressif a une traduction physique : jeter des objets, claquer des portes, voire porter des coups. Ces comportements sont difficiles à vivre pour les proches, mais aussi pour la personne malade. Alors pourquoi les adopte-t-elle ? Dans l’écrasante majorité des cas, c’est sa façon de signifier que quelque chose « ne va pas », par rapport à son quotidien habituel s’entend. La maladie d’Alzheimer altère en effet ses capacités d’adaptation à une situation nouvelle. Elle vit tout changement important comme angoissant, parce qu’elle n’a plus les moyens de le surmonter. La personne malade peut exprimer ses difficultés et son angoisse par de l’agressivité.
 

Une stratégie en trois temps

 
Pour éviter que la situation ne perdure, il s’efforcer de l’analyser et procéder par étapes :  
 
1. Retracer l’historique du comportement coléreux ou agressif : depuis quand est-il apparu, survient–il à un moment particulier de la journée, dans quelles circonstances (toilette, repas...), en présence de qui.
 
2. Identifier la cause : elle peut être physique (douleurs à l’estomac, rétention d’urines, constipation, infection…), psychique (dépression sous-jacente), ou encore liée à l’environnement, par exemple un changement au sein du lieu de vie ou de l’équipe soignante.
 
3. Mettre en œuvre des solutions adaptées : elles sont plus souvent comportementales, que médicamenteuses. Le refus de prendre sa douche peut ainsi s’effacer en modifiant la température de l’eau (qui était trop chaude, ou trop froide), mais aussi l’organisation de la toilette. Une femme pudique acceptera plus volontiers de se laver si c’est une femme qui l’accompagne, et non un homme.


* Zhao QF et al. The prevalence of neuropsychiatric symptoms in Alzheimer's disease : Systematic review and meta-analysis. J Affect Disord. 2015 Oct 24;190:264-271
Mots clés : Maladie d'Alzheimer
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