L’infection urinaire simple chez la personne âgée à domicile

avatar badge

UTILE ()

Article rédigé par Guillaume Besse, Médecin, 16 avril 2018 Consulter son profil complet

L’infection urinaire, première infection chez les personnes âgées, frappe sept fois plus de femmes après 70 ans et presque 25% de celles vivant à domicile ont, sans le savoir, des bactéries dans les urines. Mais quand elle s’exprime, cette infection n’est pas toujours reconnue par la personne âgée. Pourtant les répercussions sur sa qualité de vie sont parfois significatives. Alors, comment la définir ? Quels sont ses risques ? Quand être alerté ? Quelle prévention concrète possible ?

Quand parle-t-on d’infection urinaire chez une personne âgée ?

On la met en évidence avec l’examen cytobactériologique des urines (ecbu) prélevé le matin, si possible en milieu de jet, après correcte désinfection locale. Il sera volontiers prélevé en fin de jet si on pense à une prostatite chez l’homme. Chez la femme âgée qui n’a pas de risque de complication, l’ecbu ne sera idéalement demandé par le médecin que si la bandelette urinaire trempée au préalable dans les urines recueillies, revient positive.

Elle est indiscutable lorsqu’à l’ecbu, une bactérie y est retrouvée en nombre anormal avec, souvent, un nombre significatif de globules blancs. Quand l’ecbu montre plusieurs bactéries, on évoque plutôt une contamination.

Pourquoi est-elle plus fréquente avec l’âge?

D’abord parce que la vessie se vide moins bien et des urines y stagnent. Ensuite, parce que les germes, par exemple, par une protection insuffisamment changée, peuvent contaminer une vessie reliée à l’extérieur, chez la femme, par un urèthre court. Mais aussi parce que l’absence des oestrogènes chez la femme ménopausée modifie la flore vaginale, parce que la paroi vésicale devient plus sensible à la fixation des bactéries ou encore parce qu’un diabète favorise le sucre dans les urines, d’où développement de germes. Et, surtout, par la moindre hydratation ("j’oublie de boire"), chassant moins de germes à l’extérieur (en temps normal, ce peut être 95% des germes).

Des risques existent

Un risque rare, mais potentiellement grave, est là diffusion des germes aux reins (pyélonéphrite), avec une fièvre parfois retardée qui n’alerte pas, majorant le risque de passage de germes dans le sang (septicémie) par retard de la prise en charge.
Sinon, souvent cela entraine une incontinence, très souvent insupportable et risquant de favoriser un lever trop rapide vers les toilettes, d’où un risque de chutes et donc de remise en cause du maintien à domicile.
Cela peut aussi entrainer un isolement social progressif, si les infections récidivent.
Enfin cela peut entrainer, et c’est souvent le cas chez les personnes très âgées, un risque d’hospitalisation par une confusion mentale favorisée par la déshydratation (l’incontinence dûe à l’infection ne l’incite pas à boire...) ou une nette fatigue, inhabituelle, isolée et inquiétant l’entourage, surtout si elle favorise des chutes a répétition.

Certaines personnes âgées ont plus de risque d’avoir des complications (surtout pyélonéphrite) de ces infections qui ne sont alors plus considérées comme simples. Par exemple, si le fonctionnement des reins était déjà fragile (la clearance dans le sang l’indique), s’il s’agit d’un homme âgé, si la personne a plus de 75 ans…

Quand être alerté ?

En cas, bien sûr, de brûlures urinaires, de mictions trop fréquentes (les germes irritent la paroi de la vessie), de sang dans les urines (un calcul peut faire saigner et favorise l’infection), de gêne pour vider la vessie (le passage des urines provoque un contraction incomplète du sphincter du bas de la vessie) ou de rétention d’urines totale (le globe vésical), voire d’une incontinence urinaire récente et isolée.
Mais aussi, comme déjà dit, des troubles du comportement (fugue, confusion, agitation…) ou fatigue inhabituelle et isolée.

Que faire ?

Il faut en premier lieu alerter le médecin traitant. Il s’aidera volontiers d’une bandelette urinaire, d’un ecbu et surtout de l’étude par le laboratoire, en quelques jours, de l’efficacité de tel ou tel antibiotique grâce à l’antibiogramme. Puis il prescrira l’antibiotique nécessaire, aidé d’une hydratation renforçant l’efficacité.

Quelle prévention très concrète ?

  • Aller aux toilettes dès que l’envie se présente (réflexion en commun sur un possible fauteuil de toilettes près du lit pour ne pas hésiter à se lever la nuit),
  • Avoir un transit digestif satisfaisant (les selles du rectum peuvent gêner la bonne vidange vésicale)
  • Boire au moins un litre et demi de liquide entre les repas (boire sans avoir soif) à condition qu’une éventuelles incontinence soit d’abord prise en charge.
  • Veiller à une hygiène locale correcte, lutter contre l’alitement et envisager un antibiotique régulier si les cystites récidivent et gênent la qualité de vie de la personne.

Pour en savoir plus :

 

Mots clés : Maladies urologiques
Cet article vous a-t-il semblé utile ?

UTILE ()

soyez le premier à voter utile
Un avis sur cet article ? Un conseil à partager ?
Venez en discuter avec les membres de la communauté
Ils en parlent sur le site
LES ARTICLES EN RELATION
LES DISCUSSIONS EN RELATION
    Les questions en relation
    Poser une question

    Vous avez besoin de conseils sur un sujet précis ? Les aidants de la communauté sont là pour vous aider

    Merci votre question a bien été enregistrée.

    Elle sera publiée afin d'etre visible par les autres membres de la communauté.

    Nous espérons que ceux-ci pourront vous apporter les réponses dont vous avez besoin