Le syndrome du canal carpien

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Article rédigé par Jean-Jacques ARVIEU, Médecin des hôpitaux, 14 novembre 2012 - mis à jour le 24 juillet 2014 Consulter son profil complet

Le syndrome du canal carpien, pathologie fréquente de la main, est souvent sous diagnostiquée. Pourtant aujourd’hui, grâce au développement de la chirurgie de la main, le syndrome est facilement et rapidement curable. Pour cela il est nécessaire de diagnostiquer au plus vite la maladie. Zoom sur ses symptômes et ses traitements.

Définition du syndrome du canal carpien 

Le syndrome du canal carpien : nom étrange et pourtant beaucoup de personnes en souffrent. Il se définit comme une compression du nerf médian au niveau d’un tunnel inextensible situé au niveau de la paume de la main.

Le nerf médian est un nerf qui assure l’innervation motrice et sensitive des 3 premiers doigts de la main. Lorsque ce tunnel se rétrécit, le nerf se retrouve comprimé et les symptômes apparaissent alors, conséquence de la diminution du passage des informations nerveuses.

Quels en sont les symptômes ?

La personne qui en est atteinte  ressent, du fait de cette compression, des fourmillements, ainsi que des engourdissements du pouce, de l’index et du majeur. Ces symptômes sont à prédominance nocturne, ils peuvent parfois réveiller le patient. Ils sont partiellement soulagés par le secouement durant quelques minutes de la main touchée. Ces troubles de la sensibilité peuvent également s’étendre au bras dans certains cas. Il n’est pas rare que cette atteinte soit bilatérale.

Dans les formes plus sévères, un déficit musculaire peut alors apparaître dans la main, le patient constate alors une diminution de sa force et l’apparition d’une maladresse du coté atteint avec retentissements  dans la vie quotidienne.

Quelle population est à risque ?

Cette pathologie est très fréquente dans la population générale, et souvent non ou mal diagnostiquée. On constate un pic d’incidence chez les femmes lors de la grossesse, et à partir de 50 ans. Les personnes ayant une activité manuelle répétitive (secrétariat, caissière, chirurgien dentiste) ou un métier dit de force sont davantage à risque de développer cette pathologie que la population générale. Il peut alors arriver que cette pathologie soit prise en charge en maladie professionnelle.

D’autres pathologies générales peuvent être également associées à un syndrome du canal carpien comme le diabète, la poly arthrite rhumatoïde ou l’hypothyroïdie. Le syndrome du canal carpien peut également apparaître quelques années après un traumatisme du poignet.

Comment se fait le diagnostic ?

La première étape du diagnostic est clinque, elle repose sur le patient, c’est en effet lui qui va exprimer une plainte fonctionnelle, plus ou moins handicapante à son médecin traitant. Certains tests simples et rapides peuvent se pratiquer en consultation afin de reproduire les symptômes en cas de canal carpien.

Une fois le diagnostic clinique posé, le médecin traitant pourra alors prescrire des radiographies des poignets et de mains, afin de rechercher une cause osseuse à la pathologie. Le diagnostic est posé suite à la réalisation d’un électromyogramme du nerf médian, par un neurologue, permettant de quantifier les signaux électriques transmis par le nerf médian (si le nerf est comprimé, l’influx nerveux sera diminué et la vitesse de conduction nerveuse altérée).

Quels traitements ?

En première intention, en l’absence de signes dits de gravité (fonte musculaire de la main, symptomatologie très présente, intense et handicapante…), une infiltration au sein du canal carpien peut être réalisée. Elle sera alors associée en générale au port d’une attelle nocturne confectionnée sur mesure chez un orthésiste. Mais l’effet obtenu n’est que temporaire et les symptômes réapparaissent en général sous quelques mois.

En seconde intention, le traitement est alors chirurgical. L’opération sera pratiquée par un chirurgien orthopédiste de la main, soit sous anesthésie locale, soit sous anesthésie loco régionale. Elle consistera à sectionner le toit du tunnel au sein du quel le nerf médian est comprimé.  Elle pourra se faire soit à « ciel ouvert », laissant dans la paume de la main une petite cicatrice de 3-4 centimètres, soit sous endoscopie, par le biais d’une petite caméra afin d’éviter une cicatrice dans la paume de la main et permettant ainsi au patient de recouvrer plus rapidement l’usage total de sa main.

L’opération se pratique en général en ambulatoire, la journée, le patient devant porter un pansement  sans immobilisation pendant environ 7 jours. Puis il reverra son chirurgien en consultation.
Une légère douleur peut exister durant les 24-48 premières heures suivant la chirurgie, et sera facilement soulagée par la prise d’antalgique.
Dès le soir suivant la chirurgie, le patient notera la disparition des symptômes !


Il ne faut pas négliger les symptômes décrits ici, n’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant le plus tôt possible, il vous orientera vers un chirurgien de la main. Plus la pathologie est prise en charge tôt, meilleur sera le résultat tant au plan des symptômes que des séquelles fonctionnelles éventuels.

 

 

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