Maladie d’Alzheimer : que faire pour contrer leurs idées fixes ?

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Article rédigé par Olivier de Ladoucette, Président de la Fondation pour la recherche sur Alzheimer, Lundi 6 mai Consulter son profil complet

Face à un projet qui vire à l’obsession, une opposition frontale n’est pas de mise. La solution passe au contraire par un doux mélange de souplesse, de tolérance et d’astuce.

Les situations
 

  • Tous les après-midis vers 16 heures, Marie enfile son manteau pour aller récupérer ses enfants à la sortie de l’école.
  • Tous les matins, Gaston cherche son bleu de travail pour être fin prêt à filer au garage où il a travaillé pendant plus de 30 ans.
  • Du lundi au dimanche, Suzanne semble obsédée par un seul et unique projet : aller voir une opérette avec Luis Mariano !

La tactique du détournement

Ces situations sont pour le moins déconcertantes, voire exaspérantes. Il serait vain de dire à Marie que ses enfants sont aujourd’hui adultes, à Gaston qu’il est désormais à la retraite et à Suzanne que Luis Mariano est mort depuis près d’un demi-siècle. Ils ne peuvent pas l’admettre. Certaines attitudes risquent même d’aggraver la situation : tenter de forcer Marie, Gaston et Suzanne à se souvenir et à leur faire comprendre qu’ils ont tort, se mettre en colère, les ignorer...

Dans ces circonstances, un seul objectif devrait prévaloir : leur faire lâcher prise en douceur, pour mieux les ramener, pas à pas, dans le moment présent.

  • À Marie, on peut demander par exemple quels âges ont ses enfants, quels sont leurs prénoms, et leurs matières préférées à l’école. Une question après l’autre, il s’agit d’entrainer la conversation sur un autre sujet qui la détourne de son projet, pour finir par lui proposer une activité. Pourquoi ne pas profiter de son envie de sortir pour lui offrir, si possible, une tranquille balade qui lui ouvrira l’appétit pour le diner ?
  • Avec Gaston, le dialogue peut débuter par des questions sur son travail d’avant, ses collègues, sa voiture préférée... Et s’il tient absolument à revêtir un bleu de travail, pourquoi pas ? On peut laisser faire un comportement finalement pas si dérangeant, à partir du moment où il n’est pas dangereux pour le malade ou pour autrui.
  • Quant à Suzanne, elle sera probablement ravie de parler de son idole, de ses chansons, de ses films, mais aussi d’autres chanteurs qu’elle a aimés, puis de les écouter.

Des renforts utiles

En cas d’échec ou plus simplement de ras-le-bol, n’hésitez surtout pas à demander de l’aide. Le médecin traitant, les associations et les groupes d’échanges entre aidants peuvent constituer des appuis précieux. Lorsque les idées fixes sont très perturbantes ou qu’elles mettent le ou la malade en danger, mieux vaut faire appel à un professionnel spécialisé comme un psychologue, un psychiatre, un neurologue ou un gériatre.

Dans la maladie d’Alzheimer, les idée fixes peuvent en effet être le fruit d’un délire manifeste (mon aide-ménagère me vole, mon voisin cherche à m’empoisonner, mon mari/ma femme est un imposteur…). Une prise en charge spécialisée ou un traitement médicamenteux peut alors s’avérer nécessaire.

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Mots clés : Maladie d'Alzheimer
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