Maladie de Parkinson : pourquoi la parole et la voix changent ?

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Article rédigé par Guillaume BESSE, Médecin, Lundi 26 novembre Consulter son profil complet

Cette maladie modifie lentement la parole et la voix. Souvent, ce sera négligé alors
qu'une précoce prise en charge contrôle mieux ces anomalies. La personne, gênée dans sa communication, en souffre moralement et risque l'isolement social. Alors pourquoi la parole et la voix changent-elles ? Avec quelles conséquences ? Quelle prise en charge est possible ?

Comprendre ces changements

Parler suppose que l'air expiré fasse notamment vibrer la muqueuse des cordes vocales, leurs mouvements dépendent des muscles du larynx, au fond de la gorge. Ce son laryngé est modifié par des espaces dits « de résonance » (par exemple la bouche, avec la langue), différenciant ainsi, par exemple les consonnes et les voyelles, et générant la voix (ses altérations se nomment dysphonies, les troubles de l'articulation de la parole étant les dysarthries). 

La maladie de Parkinson ralentit progressivement les mouvements (préparation, réalisation), diminue leur amplitude, provoque une rigidité musculaire et, parfois, un tremblement. Cela touche tôt les muscles respiratoires et laryngés, responsables plus tardivement, d'une nette dysarthrie avec importante dysphonie (rôle ici des mouvements perturbés de la langue, des muscles fermant plus ou moins la bouche et du tremblement de la langue, des lèvres ...).

Cela diffère chez chaque personne mais, dès le début de la maladie, l'élocution est très progressivement ralentie, sourde et faible, surtout en fin de phrase, par diminution de l'air expiré, éraillée ; puis elle devient monotone (absence d'émotion traduite), avec, plus tard, des pauses dans des phrases parfois au débit précipité.

Encore plus tard, les troubles de l'articulation altèrent la signification des phrases.

Ces modifications varient dans la journée et, par ailleurs, avant une nouvelle prise de médicament antiparkinsonien, où la voix peut, par exemple, être plus faible.

Leurs conséquences

Pour la personne malade : « pourquoi n'attend-on pas que je finisse ma phrase ? », « pourquoi me demande-t-on sans arrêt de faire un effort pour articuler, parler plus fort ? »,
Une perte de confiance en soi, un découragement peut aboutir à une dépression, une opposition à l'entourage ou à un isolement social.

L'entourage peut s'épuiser (et majorer les angoisses du proche) : « Pourquoi ne fait-il aucun effort quand il parle ? », « Pourquoi, alors que son visage a déjà perdu son expression, ne compense-t-il pas par une voix moins froide et plus chaleureuse ? », etc.

Quelle prise en charge spécifique ?

Par les aidants professionnels, médecin traitant en tête : coordination avec le neurologue, organisation précoce de « cures » annuelles d'orthophonie (au moins quatre séances hebdomadaires pendant un mois) pour apprendre progressivement comment parler efficacement, voire intervenir sur l'entretien de son écriture, ses troubles cognitifs, mais aussi de déglutition... et l'encourager sans cesse.

Les aidants familiaux : prendre du recul avec l'éclaircissement des aidants professionnels et de l'antenne France-Parkinson la plus proche ( groupes de parole, conférences). Parler souvent au proche, le laisser répondre calmement, l'encourager des progrès réalisés, même modestes.

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