Peut-on banaliser une hypertension artérielle ?

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Article rédigé par Guillaume Besse, Médecin, 23 janvier 2013 - mis à jour le 24 juillet 2014 Consulter son profil complet

La majorité des 8 millions d’hypertendus en France sont retraités et les antihypertenseurs sont les médicaments les plus prescrits en Europe. Comment définit-on l’hypertension artérielle? Peut-on la surveiller soi-même? Pourquoi être vigilant alors qu’on se sent bien avec le traitement? L’HTA représente-t-elle vraiment un risque comme on le dit si souvent?

 
L’hypertension est donc très fréquente, bien souvent sans cause (en dehors du terrain familial) et de découverte fortuite. Mais seulement un peu plus de la moitié des hypertendus dans notre pays ont une hypertension contrôlée. Alors que l’on connaît si bien les conséquences au long cours de l’hypertension artérielle mal gérée pour la qualité de vie d’un retraité...

Quand parle-t-on d’HTA ?

Le médecin mesure deux pressions sur un patient allongé depuis 5 minutes. La première, le plus haut chiffre, représente la pression provoquée par l’expulsion du sang quittant le ventricule gauche du cœur qui se contracte (c’est la “ systole ”). On parle donc de pression systolique, qui ne doit pas dépasser 14 (13 chez le diabétique ou une personne atteinte d’insuffisance rénale). La deuxième pression mesurée, le plus bas chiffre, est celle exercée sur le sang par les artères lors du repos du ventricule (la “diastole”) quand les artères, dilatées auparavant par le sang pendant la systole, retrouvent ensuite leur diamètre initial. On parle donc de pression diastolique, qui ne doit pas dépasser 9 (8 chez le diabétique ou une personne atteinte d’insuffisance rénale).
 
Il y a hypertension quand le médecin, chez un patient non-diabétique ou sans insuffisance rénale, trouve plus de 14 pour le plus haut chiffre et/ou plus de 9 pour le plus bas. Si l’un des chiffres doit être normal, c’est bien le plus haut car c’est lui qui, anormal, favorise le plus les complications chez les retraités.
 
Une fois ce ou ces chiffres anormaux détectés, le médecin, sauf quand il détecte une HTA sévère (supérieure à 18 et/ou 11 ), va classiquement la reprendre encore trois fois, souvent à un mois d’intervalle, puis conclure à la dernière consultation si ces anomalies sont ainsi permanentes ou non. Cependant s’il estime que des chiffres anormaux sont dus à l’angoisse ou la crainte du patient d’être hypertendu (c’est ”l’effet blouse blanche“), le médecin pourra estimer utile de demander au patient de prendre lui-même sa tension à la maison (auto mesure). S’il y a un doute sur la permanence de cette HTA, le médecin pourra envisager de faire porter un appareil de mesure à la ceinture (le “Holter tensionnel”)
 

Quand peut-on surveiller soi-même sa tension (auto mesure) ?

  • Entre les consultations et sous traitement, il est utile de vérifier que sa tension n’est pas trop haute en cas de récents maux de tête ou vertiges ou saignements de nez... ou lors d’une fatigue inhabituelle (une fatigue chez le retraité peut très bien être rattachable à une majoration ou une diminution de sa tension).
  • Une automesure est également utile si le traitement semble trop faire baisser les chiffres, avec un début d’instabilité au lever du lit ou du fauteuil (c’est “ l’hypotension orthostatique “ où la tension, même après quelques minutes en position debout, peut chuter)
  • L’automesure, on l’a vu, est utile en cas de suspicion “d’effet blouse blanche”. Le médecin invite aussi classiquement à le faire pour vérifier si la tension se normalise alors qu’elle semblait ou semble “ résister ” au traitement.
Comment faire dans ce cas-là pour montrer à son médecin des mesures valables? L’appareil personnel homologué sera automatique ou manuel. Prendre son brassard, le mettre au bras, se reposer 5 minutes puis prendre 3 mesures à quelques minutes d'intervalle et ce, entre le lever et le petit déjeuner ainsi qu’entre le dîner et le coucher et tout cela, 3 jours de suite (idéalement les 3 jours qui précèdent la consultation).
 

Pourquoi être vigilant alors qu’on se sent bien avec le traitement? 

Parce que le ou les remèdes contre la tension associés aux modifications de l’hygiène de vie traitent les complications de l’HTA et en limitent leur apparition.
 
Quelles sont les possibles complications d’une HTA non normalisée et qui peuvent retentir sur la qualité de vie du retraité ? En effet, l’HTA (non normalisée) vieillit prématurément la paroi des artères de divers organes, ces artères abîmées favorisant alors la survenue de plaques d’artériosclérose (à base de LDL cholestérol, le “mauvais cholestérol”) :
  • au niveau du cerveau : l’accident vasculaire cérébral (AVC) et l’atteinte des fonctions intellectuelles (démence vasculaire)
  • au niveau du cœur : l’infarctus du myocarde et/ou l’insuffisance cardiaque
  • au niveau des reins : l’insuffisance rénale
  • au niveau des rétines : hémorragies, atteinte du nef optique...
  • au niveau des artères des membres inférieurs : "l’artérite"
     

Comment modifier ses habitudes d’hygiène de vie en cas d’HTA traitée ou pour éviter une HTA ?    

  • C’est indispensable chez le retraité atteint d’HTA, surtout si son père avant 55 ans ou sa mère avant 65 ans a eu un problème cardio-vasculaire (AVC, infarctus, artérite des membres inférieurs,...).
  • Arrêter de fumer
  • En cas de diabète surajouté à l’HTA, suivre aussi le régime antidiabétique donné par le médecin 
  • En cas d’anomalie du LDL cholestérol, suivre aussi le régime adapté
  • Limiter l’abus d’alcools, y compris les apéritifs et digestifs : tenter de ne pas dépasser un verre de bon vin par repas.
  • Ne pas fuir le sel (sauf avis du médecin) mais ne pas dépasser 5 grammes de sel/jour (c’est une cuillère à café rase). Surtout ne pas resaler à table si ce fut fait à la cuisine.
  • Augmenter le nombre de ses activités physiques, surtout en cas de surcharge pondérale. Exemples : marche de 30 minutes par jour trois fois par semaine, mais aussi jardiner, danser, faire du vélo, aquagym, longueurs de piscine.... Ce qui est bénéfique, c'est l’endurance en privilégiant l’usage des membres inférieurs. 
     

Quelle surveillance d’une HTA traitée ?

Le médecin évalue l’efficacité du nouveau traitement six semaines après, et, une fois par an, gère l’électrocardiogramme, organise la consultation ophtalmologique de l’hypertendu diabétique,... Le médecin détermine si le suivi des chiffres doit se faire uniquement au cabinet (et à quelle fréquence) ou si une automesure est utile.
                  
Il pourra demander une prise de sang annuelle ou plus fréquente (absence d’effet secondaire du ou des remèdes, suivi du LDL cholestérol et du diabète éventuel...). Ici, chaque cas est particulier.
 
 
Un conseil : comme pour tout remède, l’avis du médecin est crucial pour bien gérer son traitement contre la tension. Ainsi, stopper ce médicament sans avis médical risque de provoquer une ou des poussées d’HTA sévères avec un risque cérébralvenant altérer la qualité de vie du retraité, parfois dramatiquement... 

 

 

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