Rire d’Alzheimer pour mieux l’accepter

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Article rédigé par Olivier de Ladoucette, Président de la Fondation pour la recherche sur Alzheimer, Lundi 27 janvier - mis à jour le Mercredi 29 janvier Consulter son profil complet

Dernier rempart de l’intelligence face aux progrès d’Alzheimer, l’humour opère souvent comme un baume soulageant les souffrances du malade, comme celles de ses proches.

« J’ai été gâtée par mon mari, et maintenant je suis devenue gâteuse ». Cette remarque spirituelle est l’une des nombreuses perles relevées par le Docteur Bernard Croisile, médecin et neurologue, lors de ses consultations auprès de personnes atteintes d’« Heilzheimer » ou d’« Aïe-zheimer », ainsi que le déforment ironiquement deux autres de ses patients.
Dans son ouvrage Alzheimer. Que savoir ? Que craindre ? Qu’espérer ?, ce dernier s’émerveille de ces étincelles d’humour qui, même à un stade avancée de la maladie, surviennent au moment où on ne les attend plus et illuminent tout d’un coup l’instant présent.

Comment expliquer la persistance - voire l’accentuation - de cette capacité à rire de soi, alors que les régions cérébrales impliquées dans l’autodérision (celles du langage, du raisonnement et des émotions) font partie de celles touchées par les lésions de la maladie Alzheimer ? Parmi les hypothèses avancées par le Docteur Croisile, la plus développée serait une libération des capacités humoristiques de l’hémisphère droit : en effet, plus touchées par la maladie, les zones de l’hémisphère gauche liées à la logique laisseraient les zones de l’hémisphère droit liées à l’humour s’exprimer davantage. Loin de s’offusquer de ces plaisanteries comme d’interventions déplacées, le médecin les décrit très positivement, comme des pauses réconfortantes dans le difficile quotidien de cette maladie, à accueillir avec bienveillance.

Par le rire, le malade évacue sa souffrance…

Les bienfaits de l’autodérision concernent en premier lieu le malade lui-même. Sur le plan physique, il est bien connu que le rire stimule les systèmes cardio-vasculaire et immunitaire. Mais surtout, sur le plan psychologique, l’humour aide les personnes à dépasser la douloureuse conscience de leur pathologie, faisant leur la fameuse citation de Beaumarchais : « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer ». Un courageux moyen de se montrer, épisodiquement, plus forts que leur maladie !

…et soulage son entourage

Ces moments inattendus sont également de précieuses consolations pour les proches. Non seulement ils dissipent le stress ambiant lié à Alzheimer (tristesse de n’être plus reconnu, agacement face aux oublis à répétition, peur des fugues…), mais ils manifestent que l’intelligence de la personne aimée, si réduite soit-elle par les lésions, résiste encore. L’espace d’un instant, le père, la mère, la tante ou l’aïeul redeviennent ceux que l’on connaissait bien, avant leur maladie. Et tout le reste est oublié !

À découvrir : 5 comédies sur Alzheimer

Envie de poser un regard humoristique sur Alzheimer ? Théâtre et cinéma ont ce qu’il vous faut, comme le laisse entrevoir cette petite sélection :

  • La Finale (2018) – comédie
  • Du Miel plein la tête (2018) – comédie dramatique
  • La Confusionite (2014) – pièce de théâtre
  • La Tête en l’air (2011) - film d’animation
  • Le Monde de Marty (1999) – comédie dramatique
Mots clés : Maladie d'Alzheimer
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