Comment garder le lien social quand on est aidant ? 

Comment garder le lien social quand on est aidant ? 

Aider au quotidien un proche fragilisé par la maladie, le handicap ou l’âge est une responsabilité lourde, qui peut, peu à peu, conduire à l’isolement. La fatigue physique et émotionnelle crée parfois un décalage avec les amis, les collègues ou la famille élargie. 

Comment concilier son rôle d’aidant avec les différentes sphères de sa vie sans se couper des autres ? Voici deux clés essentielles pour préserver le lien social.

Éviter la culpabilité pour ne pas rester seul

Vous êtes plus de 9,2 millions d’aidants en France, soit  11% de la population à accomplir votre devoir auprès d’un proche dans le besoin. Pourtant 63% d’entre vous ont le «sentiment de ne pas en faire assez» et 47% «se sentent coupablesde prendre du temps» pour eux, selon un sondage Ipsos, pour Notre Temps publié en octobre 2019.  

Aujourd’hui on sait que 6 aidants sur 10 sont des actifs, dont la moitié ont également des enfants à charge. ils sont 3 sur 10 à accompagner seuls un parent, sans aucune aide extérieure. C’est ce que vient de nous révéler les résultats de l’étude menée par la DREES1et l’IPP2 parue le 17 décembre dernier, sous le volet «Aidants» de l’enquête Autonomie-Ménages, 2022. Etudes et résultats N° 1358.  

Est-ce par manque d’information, de relais ou est-ce la culpabilité, qui pousse ces aidants à assumer seuls leurs responsabilités ? Bien accompagner votre parent ne veut pas dire tout faire, seul. Ce n’est pas l’abandonner, ni le négliger de prendre du temps pour soi. Bien aider, c’est aussi savoir se préserver et déléguer, parce que aider isole. 

Opter pour des solutions d’aides à domicile comme le portage de repas ou faire appel à des auxiliaires de vie permet de mieux apprécier les moments passés avec son proche.

Préserver sa santé et maintenir le lien social

L’anxiété, l’épuisement, font perdre le goût de sortir et de communiquer avec son entourage. On entend souvent « Je n’ai pas le temps », « Je n’ai plus de vie » dans la bouche des aidants. Pourtant il est vital de conserver le lien social. C’est un pilier essentiel pour préserver son équilibre et sa bonne relation avec le proche aidé.  

Si votre emploi du temps ne vous permet pas les déplacements vous pouvez contacter l’association Avec Nos Proches. Ils offrent une ligne d’écoute et de partage anonyme animée par des anciens aidants, ils connaissent vos difficultés et vous apporte du soutien quand vous en avez besoin. Ils sont disponibles tous les jours de 8h à 22h au 01 84 72 94 72 

Vous trouverez également du soutien dans les Cafés des Aidants, il en existe 300 répartis sur tout le territoire. Créés en 2004 à l’initiative de l’Association Française des AidantsCesont des lieux, d’information pour échanger et rencontrer d’autres aidants dans un cadre convivial « Symboliquement, c’est très important qu’ils se tiennent dans un vrai café, ouvert sur la société, parce que les aidants sont souvent confinés à domicile et isolés » confie un membre de l’association La Vie à Domicile. 

En vous ménageant des temps de pause vous vous donnez les moyens de mieux accompagner votre proche. Ce sera bénéfique pour votre relation. Et pour que chacun retrouve sa place, vous pouvez vous tourner vers les solutions de répit : accueil de jour, hébergements temporaires ou séjours vacances comme à La Madelaine-Sous-Montreuil, chez Les Bobos à la FermeUn tiers lieu conçu pour et par des aidants. Ils abritent famille et éducateurs spécialisés dans 4 gîtes labellisés tourisme et handicap pour permettre aux aidants de souffler dans un cadre apaisant. Cela permet de maintenir des relations choisies plutôt que subies. 

Maintenir le lien social : une responsabilité collective

Être aidant c’est souvent prendre soin d’un proche et s’oublier soi-même. C’est se mettre en pilote automatique, en mode survie sous le dictat de la dévotion à l’autre. Se couper de sa vie sociale est un piège.

Garder le lien c’est s’offrir une parenthèse. Ça ne repose pas sur une « volonté individuelle », mais une organisation collective. Entre dispositifs de soutien, temps de répit et reconnaissance du rôle d’aidant, il faut comprendre qu’en permettant aux aidants de bénéficier d’un soutien social, on les aide à tenir leur rôle dans la durée. C’est un marathon national. 


Source : DREES, volet « Aidants » de l’enquête Autonomie-Ménages, 2022. Etudes et résultats N° 1358 

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