Comparaitre en justice : ça se prépare !

Comparaitre en justice : ça se prépare !

Fixer une pension alimentaire pour son proche ou demander sa protection devant le juge est toujours une épreuve difficile pour un aidant. Il s’agit d’une mise sur la place publique, difficilement supportable, des sentiments personnels et des liens familiaux les plus intimes. Comment se comporter pour que cette épreuve se déroule au mieux, notamment pour la personne dont on va examiner le cas ? 

Se préparer et se faire accompagner

Le juge aux affaires familiales et le juge des tutelles statuent en juge unique. Ils sont seuls pour prendre une décision qui aura de lourdes conséquences pour les personnes. Cette responsabilité est écrasante. De plus, ils sont débordés de dossiers et apprécient particulièrement d’avoir une demande écrite bien construite, avec pièces justificatives à l’appui. Même s’ils s’intéressent à l’histoire de la personne, à l’audience ils n’ont pas le temps de lui permettre de dérouler son récit, dans tous ses détails et souvent avec beaucoup d’émotion. Pour ne pas se laisser impressionner par cette émotion et garder du recul, certains font preuve d’une grande froideur. Ceci n’est pas la preuve d’un manque d’humanité. 
  

Si un avocat est intervenu, il aura déjà entendu votre récit, il l’aura ordonné, et présenté. Il vous aura d’avance posé les questions que vous posera le juge. Pour l’audition ou l’audience il vous aura raconté comment elle se déroule. 

En général, il connait le juge, sa personnalité, sa manière de mener les débats. Il vous aidera à préparer vos réponses et vous guidera dans ce qu’il faut dire ou ne pas dire, surtout la manière dont vous pourrez le dire, ainsi que les points sur lesquels il faudra insister. En effet, ce qui vous tient le plus à cœur n’est pas forcément ce qui intéresse le juge pour appliquer la loi et apprécier les droits de chacun. 
  

Votre avocat connait aussi souvent  l’avocat adverse. Ils ont échangé vos pièces, vos arguments à l’avance. Vous en avez discuté ensemble. De ce point de vue, en principe, il n’y a pas de surprise, à moins de revirement que votre avocat saura gérer avec efficacité. 
  

Il vous dira comment vous présenter, canaliser votre émotion, ne pas couper la parole à l’autre partie, la laisser être méchante ou s’énerver. Il appuiera sur les points que vous avez oubliés, dira juridiquement ce que vous aurez dit émotionnellement, avec votre vécu et vos sentiments. Car il n’est pas interdit de montrer ses sentiments.

Ne pas attendre du juge ce qu’il ne peut pas donner

La justice, aux affaires familiales et aux tutelles est protectrice des plus vulnérables en statuant sur un litige afin de faire respecter leurs droits. La compensation économique peut rétablir une certaine équité et un bon jugement rééquilibrer un rapport de forces, mais ne compense pas la souffrance morale

Elle ne peut pas réparer les souffrances que se sont infligées les parties tout au long de leur vie et de leur procès. Cette réparation relève de la psychothérapie, de la médiation mais pas du juge. 

La justice tient compte des intérêts de toutes les parties, elle fait forcément des mécontents. Un juge disait qu’un bon jugement est celui qui ne plaît à personne mais sera appliqué par tout le monde. En effet aux affaires familiales et en tutelle le droit a pour objectif d’organiser des relations familiales ou sociales par une décision exécutoire.

La comparution n’est pas le jugement d’une faute

Dans ces conditions, il n’y a pas lieu d’avoir peur du juge et de la justice. Bien préparé, bien accompagné par un professionnel qui vous aura permis de vous faire mesurer les enjeux réels du procès, quitte à ce que vous soyez aidé par un autre professionnel comme un psychologue qui vous aidera à faire face à la situation, ce très (trop) bref moment que constitue l’audience, reste frustrant, mais devient moins angoissant. Souvent mon client se plaint que l’autre partie a été interrogée plus longuement que lui. Je lui réponds que c’est parce que lui ne pose pas de problème au juge. 

Ainsi préparé vous-même, vous pourrez aider à la préparation de votre proche. Peu de personnes ont eu à faire à la justice lors du dépôt d’une requête afin de protection devant le juge des tutelles. Ils imaginent que leur proche va se trouver devant une sorte de juge d’instruction ou de correctionnelle qui va le punir. Combien nous disent « Pourquoi me traîner devant un juge ? Je n’ai rien fait ». 

Le juge des affaires familiales ou des tutelles ne punit pas des fautes, il apprécie des situations afin de les organiser au mieux. Il intervient pour protéger et aider. Il est indispensable d’aller lui parler, de lui faire part de son sentiment, de ses désirs, de ses besoins. Car la loi l’oblige à tenir compte de ces éléments pour statuer, dans une procédure respectueuse des droits de la personne et notamment le respect des règles de procédure :confidentialité (ces procédures sont secrètes), contradictoire (chacun a connaissance des arguments des autres à l’avance pour pouvoir y répondre), application personnalisée de la loi

La comparution en justice, nécessite une grande confiance, en soi, en son avocat, en le juge. C’est à cette condition qu’elle sera une épreuve moins difficile à surmonter. 


  

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