La sophrologie pour gérer le stress de l’aidant

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Article rédigé par Thierry Berrou, Psychologue clinicien, 14 novembre 2016 - mis à jour le 3 juillet 2017 Consulter son profil complet

Mise au point en 1960 par le psychiatre colombien d’origine basque espagnole Alfonso Caycedo, la sophrologie est une méthode prenant son inspiration à la fois dans des techniques occidentales de relaxation et d’hypnose, et dans des techniques orientales de yoga et de méditation. Elle peut constituer une approche intéressante dans la gestion du stress des aidants.

Qu’est-ce que la sophrologie ?

Voulant proposer une alternative aux traitements par électrochoc et aux comas insuliniques fréquemment utilisés à son époque, Alfonso Caycedo s’intéressera aux états modifiés de conscience au travers de l’hypnose clinique et des méthodes de relaxation.

Encouragé par le phénoménologue suisse Binswanger il entreprend plus tard un voyage en orient avec sa femme, elle-même adepte du yoga, au cours duquel il s’initiera au yoga indien, à la technique du Tummo, forme de méditation tibétaine, et au Zen.

De cette rencontre entre l’orient et l’occident, il mettra au point une méthode de développement personnel et de gestion du stress qu’il appellera sophrologie (du grec « sos », harmonie, « phren », esprit et « logos », étude). Le terme « sophrologie » n’étant pas protégé, diverses écoles de formations se sont ouvertes, sans l’accord de Caycedo.

Pour distinguer son approche des différentes orientations qui apparurent au sein de ce mouvement, l’éloignant de ses fondements, fut rajouté le qualificatif « caycédienne ».

Sa pratique n’est actuellement ni protégée ni réglementée, et apparaît comme une particularité surtout française puisqu’elle est pratiquement inexistante dans les autres pays.

En théorie

La sophrologie distingue trois niveaux de conscience :

  • la veille
  • le sommeil
  • et le niveau liminal, aux frontières de la veille et du sommeil.

et trois états de conscience :

  • pathologique, objet de la psychiatrie
  • normal, étudié par la psychologie
  • et harmonieux, visé par la sophrologie.

C’est le niveau de conscience liminal, que nous pourrions rapprocher de l’état d’hypnose, qui serait celui permettant une « dynamisation des structures positives ». L’objectif est d’atteindre un état de conscience supérieur, appelé conscience sophronique.

Elle s’appuie sur quelques principes :

  • le principe du schéma corporel comme réalité vécue : le schéma corporel est la représentation mentale du corps, la prise de conscience des sensations (intéroceptives, proprioceptives et extéroceptive) que les stimulations corporelles de la relaxation dynamique permettent d’améliorer. Intégrer son schéma corporel, c’est se sentir « bien dans sa peau ».
  • le principe d’action positive : il s’agit de dynamiser ce qu’il y a de positif en nous, considérant que toute action positive dirigée vers le corps ou le mental a une répercussion positive sur notre être tout entier.
  • le principe de réalité objective : il est important d’appréhender le monde, les autres, les évènements tels qu’ils sont, de ne pas projeter sur les autres nos désirs ou ce que l’on croit être bon pour eux. Le sophrologue doit rester objectif par rapport à son propre état de conscience et à celui de son patient ou élève.
  • le principe d’adaptabilité : il s’agit d’adapter la méthode et les exercices proposés à l’élève.
  • le principe de schéma existentiel comme réalité à vivre : il s’agit d'utiliser les entraînements comme tremplin pour le quotidien et construire un projet à vivre.
  • le principe d’alliance sophronique désigne la relation qui se réalise entre le sophrologue et son élève grâce à un climat de confiance, d'échanges et d'empathie du sophrologue

En pratique

Concrètement, la sophrologie associe des techniques de relaxation, de respiration et de visualisation qui peuvent se pratiquer en groupe ou en relation individuelle.

Les exercices de relaxation dynamique suivent une évolution en trois degrés, le premier s’inspirant du yoga, le second s’inspirant du bouddhisme tibétain, et le troisième de la méditation Zen, proche de la pleine conscience.

Chaque séance commence et se termine par un dialogue entre le sophrologue et son élève ou patient qui aura à pratiquer quelques courts exercices quotidiens de 10 à 15 minutes.

Conclusion

La sophrologie trouve de nombreuses applications aussi bien dans le secteur de la santé, comme adjuvant dans le traitement de la douleur, de l’anxiété, que dans celui du sport ou de l’entreprise.

A la fois méthode de développement personnel et méthode de relaxation, elle permet une meilleure intégration du schéma corporel, de mieux gérer le stress et ses conséquences somatiques.

Mots clés : Prendre soin de soi
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