Le déni

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Article rédigé par Thierry BERROU, Psychologue clinicien, 22 mai 2012 - mis à jour le 8 août 2014 Consulter son profil complet
Le déni est un mécanisme de défense parfois utilisé lorsque nous nous trouvons confrontés à une réalité que nous redoutons ou ressentons comme inacceptable. Il trouve une expression moins radicale dans la dénégation dans laquelle s’exprime une certaine conscience de ce qui est nié. Celle-ci se traduit dans le langage courant par des phrases telles que : « Je ne voudrais pas paraître désagréable, mais je tiens à dire que… » ou encore « Je n’ai pas peur, mais je voudrais juste savoir si c’est douloureux » qui traduisent bien souvent l’inverse de ce qu’elles semblent vouloir exprimer.

Le déni est-il une bonne ou une mauvaise chose ?

Dans la mesure où le déni est l’expression d’un refus de voir la réalité telle qu’elle est, une première approche serait de considérer celui-ci de manière négative : refuser la réalité ne l’empêche pas en effet d’exister, de même que la peur n’évite pas le danger.
 
Imaginez une personne qui, apprenant qu’elle est atteinte d’une pathologie nécessitant un traitement, niant la réalité de sa maladie, refuserait tout traitement. Elle s’exposerait alors au risque de voir sa maladie s’aggraver. De même, le déni de l’alcoolisme et de ses conséquences fait souvent obstacle à l’adhésion de l’alcoolique à son traitement.
 
Le déni peut être par ailleurs lié à certaines maladies mentales ou neurologiques comme dans la maladie d’Alzheimer où elle prend la forme de l’anosognosie : le malade, à force d’oublier, en arrive à oublier qu’il oublie.
 
Si, dans ce type de situation, le déni signe un échec des mécanismes d’adaptation, ce n’est pas toujours le cas. En tant que mécanisme de défense, le déni est souvent une manière de s’adapter progressivement à une réalité jugée intolérable, de se laisser le temps de « digérer » l’information, en passant progressivement du déni à l’acceptation de la réalité, éventuellement après une phase de dénégation.
 
Dans ce cas, le déni est provisoire et à considérer en tant que mode d’adaptation à la réalité.

Face à une personne qui est dans le déni, comment réagir ?

Il faut considérer les conséquences du déni plus que le déni lui-même. Dans le cas du déni de la maladie, le problème peut se poser si il y a un déni total entraînant un refus des soins. Le plus souvent, le déni est partiel, portant sur certains aspects de la maladie mais n’entraînant pas de refus de soin.
 
Ainsi, à moins qu’il n’y en ait la nécessité, asséner une vérité à une personne qui n’est pas prête à l’entendre serait dans certains cas risquer de l’exposer à une angoisse importante voire à la dépression. Mieux vaut alors essayer de l’aider à accepter progressivement la réalité en abordant le sujet par petites touches, en lui laissant le temps de poser des questions, en ne cherchant pas à tout dire d’un seul coup si l’on perçoit qu’elle se braque, pour revenir par la suite sur le sujet.

 

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