Que faire face à une situation de maltraitance constatée par un aidant

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Article rédigé par Laurent Wajs, Directeur du Relais des Aidants, 14 mars 2012 - mis à jour le 4 août 2014 Consulter son profil complet

Si la situation met la vie de la personne en danger ou que vous constatez un péril, votre devoir est de prévenir, dans les plus brefs délais, les forces de police ou d'urgence.

En terme de maltraitance et selon la classification du Conseil de l'Europe (1992), on distingue :

  • les violences physiques ;
  • les violences psychiques ou morales ;
  • les violences matérielles et financières ;
  • les violences médicales ou médicamenteuses ;
  • les négligences actives ; les négligences passives ;
  • la privation ou la violation des droits ;
  • la maltraitance civique.

Plus souvent, sans parler de péril, vous pouvez être confronté, en tant qu'aidant, à une situation litigieuse, ambiguë ou explicitement de maltraitance impliquant une autre personne, un professionnel voire une institution. Le mieux alors est d'abord de demander à la personne présumée maltraitée, ce qu'elle pense de la situation. Il est également recommandé de s'ouvrir à la personne présumée maltraitante de vos remarques voire de votre désaccord. S'il s'agît d'un professionnel, il est important d'exposer la situation à la hiérarchie de la personne mise en cause.  Il faut bien considérer qu'en matière de maltraitance, plusieurs avis valent toujours mieux qu'un car ce qui peut paraître maltraitant pour les uns, peut ne pas l'être pour les autres. Il est également crucial de faire en sorte qu'une intervention ne vienne pas empirer une situation. On comprend l'importance, quand cela est possible, d'obtenir le consentement et l'accord de la personne présumée maltraitée avant d'engager une action.

Si la situation ne s'améliore pas, il vous est possible d'appeler le 39 77 qui est une plate-forme nationale d'écoute qui entendra votre présentation de la situation et la transmettra et à l'Agence Régionale de Santé (ex DDASS) et au Conseil général.

En plus du 39 77 et si la situation n'évolue pas favorablement, vous pourrez saisir directement les forces de police sous la forme d'un dépôt de plainte (et non pas une main courante) ou par courrier adressé au Procureur général du Tribunal de Grande Instance de votre département. Dans les deux cas, concentrez votre récit sur les faits plus que sur votre ressenti. N'oubliez pas qu'en matière de maltraitance, ce n'est pas au déclarant de fournir des preuves mais bien seulement de déclarer des faits. Les services sociaux pourront apporter certains éléments et éventuellement la police fera ce travail de recherche et de présentation de preuves.

Face aux situations de maltraitance présumée, il ne faut pas hésiter à tirer le signal d'alarme dans le respect des personnes et des procédures. Ne rien dire parce que « cela est délicat » peut conduire les personnes à s'exposer à des situations de détresse, d'angoisse voir de danger. Au contraire, oser parler, oser dire ira dans le sens du dialogue et d'un meilleur accompagnement des personnes.       

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