Le point sur les apports nutritionnels en fin de vie  

Le point sur les apports nutritionnels en fin de vie  

Le monde du vivant est, dans sa plus grande majorité, conditionné à être nourricier : l’oiseau apporte à manger à ses oisillons, l’humain nourrit son petit bébé. Puis l’autonomie s’installe, mais l’être humain reste toujours vigilant à nourrir son semblable, surtout lorsqu’il ne peut plus le faire lui-même : situations de maladies, de handicap, d’accident, de fragilité extrême comme le grand âge. Alors, lorsque, vous, aidants, accompagnez un proche dans les étapes ultimes de la vie et qu’on vous recommande de ralentir et stopper cet élan nourricier vers l’autre, vous êtes désemparés. 

De quoi parle t’on lorsqu’on dit « fin de vie » ?

La fin de vie peut durer quelques jours mais parfois plusieurs semaines. (Observatoire National de la Fin de vie).

C’est la période pendant laquelle il devient certain que le cours de la vie va s’interrompre : traitements curatifs impossibles à administrer en raison d’effets secondaires terribles, ne marchant plus ou devenus inutiles, organisme épuisé physiquement et psychiquement, multiples complications, confort de la personne sérieusement mis à mal par des dégradations multiples… Au bout de ce processus, il y a le trépas et le décès.

On a beau dire parce qu’on le sait depuis de nombreuses années « lors de cette fin de vie, manger et boire ont beaucoup plus de mauvaises conséquences que de bons résultats », cela est cruel pour les proches. C’est avec les médicaments utilisés à ce stade qu’il faut revisiter la pertinence des d’apports en aliments solides et liquides. 

Les effets des traitements de la fin de vie *

Ils offrent un espace de soulagement de la douleur, de l’angoisse, et des difficultés respiratoires d’encombrement. Les antalgiques puissants sont la morphine et ses dérivés ; on parle d’opiacés (dérivés de l’opium).

Diverses molécules chimiques sont anxiolytiques. Elles apaisent le malade, lui procurent un sommeil réparateur. Les doses de traitement par le Midazolam sont augmentées, dans certains cas, pour obtenir une sédation : c’est un endormissement plus ou moins long qui est toujours réversible. Des épisodes de douleurs rétives aux médicaments, des paniques terribles nécessitent d’avoir recours avec succès à de telles pratiques. La scopolamine assèche les sécrétions bronchiques qui encombrent les poumons et empêchent de respirer correctement.

Ces médicaments induisent une somnolence plus ou moins marquée en fonction des doses et des molécules utilisées. Ils diminuent aussi l’appétit. La sensation de soif liée aux opiacés est une sécheresse de la bouche : elle peut être soulagée par les soins de bouche (application locale de liquide, sucer un bonbon acidulé, avoir en bouche quelque-chose de frais). 

Des apports nutritionnels… pas toujours pour le mieux

Les nourritures solides et liquides participent encore trop souvent à un acharnement déraisonnable : il est malheureux de voir des familles forcer un malade à boire et à manger, alors qu’il ne ressent ni faim ni soif, qu’il est apaisé et somnolent. C’est prendre des risques inconsidérés. 

Alors, non, les soignants ne refusent pas de donner à boire ou à manger. En d’autres termes, ils n’assoiffent ni n’affament un malade. Ils savent que c’est dangereux pour eux, et surtout qu’ils n’en n’ont pas besoin. 

Alors, oui, aidants, agissez non pas pour nourrir et hydrater, mais pour procurer du plaisir ! C’est parfaitement raisonnable !

Si votre proche souhaite avoir le goût d’un bon jus de fruits, d’un bon vin mais ne peut plus déglutir, n’hésitez pas à en imbiber des petits bâtonnets en mousse et offrez-lui ce plaisir en « soin de bouche ». Les boissons pétillantes fraiches sont recommandées : de petites quantités ne feront pas de mal.

Si votre proche rêve de fraises, offrez-lui quelques petites cuillères d’un bon sorbet !

Soyez convaincus que les médicaments de la fin de vie procurent un vrai soulagement pour votre proche qui a grand besoin de repos et qu’ils atténuent voire font disparaître les sensations de faim et de soif déjà très diminuées, comme chez tout grand malade. Mais continuez cependant de leur offrir de petits plaisirs gustatifs !

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