Maladie d’Alzheimer : à partir de quand s’inquiéter ? 5 signes qui ne trompent pas
Maladie d’Alzheimer ou simple vieillissement ? Troubles cognitifs ou fatigue cérébrale ? Voici quelques indices pour nous guider, ou pas, vers la voie du diagnostic.
Quand votre proche prend de l’âge et que vous le voyez changer, difficile de discerner ce qui doit être mis sur le compte du vieillissement, de la fatigue ou de troubles cognitifs réels… D’autant plus qu’en cas de maladie d’Alzheimer, le malade lui-même est le premier à minimiser ces défaillances et à tenter de les masquer. Pour vous aider à faire la part des choses, nous avons relevé ici cinq symptômes courants qui se manifestent dès le début de la maladie d’Alzheimer : isolés les uns des autres, ils ne sont pas inquiétants, mais leur récurrence et leur combinaison entre eux doivent alerter l’entourage et l’orienter vers un diagnostic de maladie d’Alzheimer.
Les oublis sur les faits récents
Dans 90% des cas, la maladie d’Alzheimer commence à se manifester par des troubles de mémoire portant sur les faits récents, comme si la personne avait du mal à enregistrer les événements vécus dans les jours et les semaines qui précédent : pas de souci pour donner la date de naissance de ses enfants ou le prénom de ses parents, mais il lui est plus difficile de se souvenir chez qui elle a dîné hier ou le prénom du dernier-né de ses petits-enfants. Comment différencier ces troubles de mémoire des oublis simplement dus à l’âge ? Les deux ne sont pas causés par les mêmes défaillances.
Dans le cas d’une maladie d’Alzheimer, c’est le stockage des souvenirs qui pêche : l’hippocampe, par où les informations perçues entrent dans le cerveau et se transforment en souvenirs, ne joue plus son rôle correctement. Les souvenirs anciens restent intacts, car ils ont été emmagasinés avant la détérioration de l’hippocampe, mais les souvenirs récents sont perdus, car l’hippocampe altéré ne permet plus de les accueillir.
Dans le cas d’oublis dus à l’âge, le problème se situe au niveau de la récupération du souvenir : c’est le lobe frontal, censé retrouvé les informations distribuées dans les différentes zones du cerveau, qui fonctionne moins bien.
En cas de doute, des tests cognitifs permettent de faire la part des choses : par exemple, le professeur Bruno Dubois, neurologue, a élaboré un test à base de questions indicées : s’il y a trouble de la récupération (simple vieillissement), les indices donnés aideront la personne à retrouver l’information stockée ; s’il y a trouble du stockage (maladie d’Alzheimer), les indices seront vains, puisque l’information n’a tout simplement pas pu pénétrer dans le cerveau.
Des répétitions, et encore des répétitions
Cette défaillance de la mémoire récente commence à alerter l’entourage quand la personne se met à se répéter : elle oublie d’un instant sur l’autre la réflexion qu’elle a faite ou la question qu’elle vient de poser. Cette manie, agaçante pour l’entourage, n’est pas causée par une distraction ou de la mauvaise volonté, mais bien par cette incapacité à enregistrer les informations.
La désorientation dans l’espace et dans le temps
Autre conséquence logique de cette laborieuse mémorisation des faits récents, la personne va éprouver assez vite des difficultés à se repérer dans un espace nouveau ou inhabituel : elle fait de grands détours pour se rendre à un endroit précis, voire errer pendant plusieurs heures parce qu’elle ne retrouve plus son chemin.
Cette confusion touche également les repères temporels : la personne est perdue dans les dates. Impossible pour elle de respecter un rendez-vous, d’avoir en tête une réunion de famille à venir… Il lui devient de plus en plus difficile d’indiquer avec précision la date du jour : le jour de la semaine, puis le mois, voire l’année à la place de laquelle elle donne son année de naissance ou d’autres événements importants de sa vie passée.
La perte des mots
Au début, la personne a surtout du mal à trouver le mot juste et peut avoir tendance à le remplacer par des expressions passe-partout (machin, truc…), ou une description (« ce qui permet de s’asseoir » pour dire « chaise). Les mots lui font défaut, mais elle a encore leur sens en tête. Elle a du mal à se faire comprendre, mais elle comprend encore. Par la suite, elle va également perdre le sens même du mot, donnant l’impression de ne plus saisir le sens de ce qui lui est dit. Ces difficultés de communication, dont elle se rend compte, peuvent la conduire à s’isoler et à se réfugier dans le silence, plutôt que de risquer de la gêne ou de la tension.
Plus d’intérêt pour rien
L’attitude de la personne se met à changer : soit le caractère s’accentue, soit il change du tout au tout au point au point que ses proches ne le reconnaissent plus. Le symptôme psycho-comportemental le plus fréquent, à un stade débutant, est l’apathie : la personne ne manifeste plus d’intérêt ni d’enthousiasme pour les activités qu’elle aimait, alors même qu’il s’agissait d’une personne vive et motrice. Cette baisse de motivation est liée à une altération des neurones du cortex préfrontal sous-orbitaire, censé créer l’état mental qui permet l’action. Elle n’est donc pas forcément liée à une souffrance morale et à un état dépressif, comme pourraient le laisser penser les apparences.
Note : Cet article a été rédigé à la lumière du livre Alzheimer, la vérité sur la maladie du siècle, écrit par le professeur Bruno Dubois (éd. Grasset).
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