Organiser ses vacances avec un proche Alzheimer
Besoin de repos quand on est aidant ? C’est certain, mais de là à prendre la décision, le pas est grand. Quand on a le nez dans le guidon, il paraît souvent insurmontable de quitter notre proche Alzheimer ou d’organiser des vacances en prenant en compte les contraintes liées à sa maladie. C’est pourquoi des solutions adaptées clé-en-main ont été imaginées pour faciliter ce départ salvateur.
Changer de cadre, casser le rythme, alléger la charge de l’aidant… Quelle que soit la forme qu’elle prenne, une coupure s’impose à l’approche de l’été, pour que le couple aidant-aidé reprenne un souffle avant d’amorcer la prochaine année scolaire. Bien conscients de ce besoin, de nombreux organismes proposent plusieurs formules de répit.
Confier votre proche
Les vacances prévues ne vous permettent pas d’emmener votre proche Alzheimer. À qui le laisser pour partir l’esprit serein ?
L’hébergement temporaire
Plusieurs types de structures proposent l’option d’un hébergement temporaire, c’est-à-dire la possibilité d’accueillir en collectivité une personne âgée durant une période limitée (jusqu’à 90 jours par an), pendant laquelle soins et activités sont mis en place pour préserver son autonomie. Cette solution est proposée par certains Ehpad, où le malade est donc mêlé aux résidents en long séjour, mais aussi par des maisons d’accueil temporaire, où il partage son quotidien avec des résidents en accueil de jour. En plus d’une solution de répit, l’hébergement temporaire peut aussi constituer un premier test de vie en collectivité avant l’entrée en institution, à proche ou lointain horizon. Il arrive souvent qu’un court séjour en Ehpad se transforme naturellement en long séjour devant le constat de la bonne adaptation et du bien-être du malade. Cette solution présente le double avantage d’être moins onéreuse que les suivantes et de combler l’absence de l’aidant par la fréquentation d’un groupe.
Le relayage à domicile
Il est également possible de mettre en place, avec des organismes d’aide à domicile, un relayage à domicile : la passage, plus ou moins régulier suivant le niveau de dépendance, de professionnels au chevet du proche. Cette solution, plus coûteuse, a l’intérêt précieux de ne pas bouleverser les repères du malade Alzheimer et, par conséquent à un certain stade, de ne pas risquer un recul d’autonomie.
Le baluchonnage
Pour les personnes en perte d’autonomie, la solution précédente ne suffit pas. Il est alors possible d’opter pour le baluchonnage, une forme innovante de répit inspirée du Québec et accessible en France depuis 2025 : un intervenant unique s’installe jour et nuit chez le malade Alzheimer en l’absence de l’aidant. La durée du baluchonnage peut s’étendre jusqu’à six jours. Même si ce relais rassure par son efficacité, le financement reste lourd.
Partir avec votre proche : des séjours de vacances pour le duo aidant–aidé
Vous reposer, mais sans quitter votre proche, c’est possible grâce aux séjours de répits partagés. Organisés par de nombreuses structures, ils sont conçus de façon à ce que l’aidant puisse souffler sans que l’accompagnement de l’aidé en pâtisse. Partant de ce principe, ils peuvent prendre des formes très variées de durée, de cadre, de types d’activités. Voici quelques exemples :
Le séjour détente, proposé par France Alzheimer (10 jours) : chaque matin, une équipe de bénévoles spécialement formés prend le relais auprès de l’aidé, pendant que l’aidant peut vaquer aux activités de son choix ; le reste de la journée est consacré à des activités communes (randonnées, visites, fêtes…). Tout au long du séjour, le binôme se retrouve avec d’autres familles confrontées aux mêmes soucis, ce qui rompt l’isolement social créé par la maladie. L’aidant est déchargé du programme, de l’hébergement, des repas. Malgré cela, le prix reste accessible grâce à un barème équitable mis en place par l’association.
Les cures thermales (une à trois semaines) : certaines stations, comme Bourbonne-Les-Bains (Haute-Marne) ou Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), proposent d’accueillir ensemble l’aidant et l’aidé : tandis que l’aidant suit une cure pour contrer son épuisement, l’aidé est pris en charge dans un centre hospitalier attenant, où différents ateliers adaptés lui sont proposés (stimulation cognitive, activités sportives…).
Le Village Répit Famille : À Fondettes (Indre-et-Loire), ce village de vacances haut-de-gamme a pour originalité d’avoir été conçu pour accueillir conjointement les personnes âgées dépendantes et leurs aidants. Pendant qu’une équipe médico-sociale prend en charge les uns, les autres peuvent se reposer et se détendre en profitant des nombreux équipements disponibles (salon de massage, piscine, jacuzzi, mini-golf…). Ils passent ensemble le reste du temps dans un cadre agréable.
Coups de pouce financiers pour le répit
À l’exception des aides à domicile, qui restent financièrement lourdes, la plupart de ces solutions de répit ont été pensées pour être accessibles à tous les budgets. En général, les soins sont pris en charge par la Sécurité sociale. La part restante, correspondant à l’hébergement, peut être allégée par les caisses de retraite complémentaire, les mutuelles, l’allocation journalière de l’aidant de 66.64 euros, l’APA qui prévoit, au nom du droit au répit de l’aidant, un montant pouvant s’élever jusqu’à 583.52 euros par an.
Merci de vous connecter pour publier une discussion. Se connecter
