Maladie d’Alzheimer et sommeil : un cerveau bien reposé est un cerveau en bonne santé

Maladie d’Alzheimer et sommeil : un cerveau bien reposé est un cerveau en bonne santé

Les recherches tendent à établir un lien entre troubles du sommeil et risque de déclin cognitif, encourageant à mettre en place dès le plus jeune âge une bonne hygiène de sommeil.

Le sommeil a-t-il un rapport avec la survenue de la maladie d’Alzheimer ?

Plusieurs études récentes pointent du doigt un lien entre les troubles du sommeil et la possibilité de développer une maladie d’Alzheimer. Nous en avons relevé deux, publiées respectivement en 2020 et 2021 :

1/ Un lien entre sommeil fragmenté et risque de maladie d’Alzheimer ? 

En observant, à l’aide de différentes techniques d’imagerie cérébrale, le cerveau de 127 participants de plus de 65 ans ne présentant pas de trouble cognitif, la chercheuse Inserm Géraldine Rauchs s’est rendu compte que l’accumulation de protéine bêta-amyloïde, à l’origine de la maladie d’Alzheimer, était bien plus prononcée chez les personnes atteintes d’apnées du sommeil, qui consistent en des interruptions incontrôlées et répétées de la respiration pendant le sommeil.

2/ Un lien entre sommeil insuffisant et risque de maladie d’Alzheimer ? 

L’étude de la chercheuse Inserm Séverine Sabia met en relation la durée du sommeil à différents âges de la vie adulte et le risque de survenue de démence. De 1985 à 2019, près de 8000 personnes ont répondu à six reprises à un questionnaire sur la durée habituelle de leur sommeil. Le croisement de leur réponse et l’évolution de leur santé cognitive montre un risque de démence accru de 20 à 40 % chez les personnes dont la durée du sommeil est inférieure ou égale à six heures par nuit à l’âge de 50 ou 60 ans.

Comment expliquer le rapport entre les deux ?

Un mauvais sommeil, qu’il soit insuffisant ou fragmenté, affaiblirait doublement le cerveau face au dépôt du peptide bêta-amyloïde et de la protéine tau, impliqués dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

D’une part, parce qu’il favoriserait leur développement : les taux de peptide bêta-amyloïde sont plus élevés durant l’éveil et baissent durant le sommeil, sans doute parce que leur production est directement liée à l’activité neuronale. Plus une personne demeure éveillée longtemps, plus ces dépôts anormaux se développeront.

D’autre part, parce qu’un mauvais sommeil entraverait l’élimination de ces protéines nocives : en effet, les recherches ont récemment mis en lumière une fonction méconnue du sommeil : le drainage des déchets toxiques qui s’accumulent dans le cerveau. Moins une personne dort, moins ce « nettoyage » sera efficace.

Les troubles du sommeil sont-ils donc considérés comme un facteur de risque modifiable de la Maladie d’Alzheimer ?

Étonnamment, les troubles du sommeil ne figurent pas dans la liste des 14 facteurs de risque modifiables, sur lesquels il est possible d’agir pour retarder la survenue de la maladie d’Alzheimer (étude parue dans The Lancet, en 2024). La raison de cette omission est simple : trop peu d’études approfondies ont encore été menées à ce propos pour comprendre précisément les mécanismes en jeu et délivrer un message de prévention clair.

Pour ne citer qu’un exemple : alors que certaines études prouvent qu’il est dangereux pour le cerveau de ne pas assez dormir (moins de six heures), d’autres démontrent qu’il est également néfaste de dormir trop (plus de neuf heures). Où se situer ? Par ailleurs, il est compliqué de savoir si les difficultés de sommeil observées avant l’apparition des troubles cognitifs sont l’une des causes ou déjà un symptôme de la maladie d’Alzheimer dans sa phase précoce.

Quelles astuces privilégier pour préserver son sommeil (et donc son cerveau) ?

  • Se dépenser au cours de la journée. Rien de mieux qu’un peu d’exercice régulier pour se fatiguer et ressentir une irrésistible envie de dormir au moment de se coucher ! Mais attention, il vaut mieux se livrer à cette activité physique avant la soirée, car le sport est un excitant.
  • S’exposer à la lumière du jour. Il est important d’être sorti au grand air pendant la journée et d’avoir passé quelque temps exposé à la lumière naturelle, afin de favoriser la bonne synchronisation de notre horloge biologique. En revanche, privilégiez les lumières tamisées dans les moments qui précédent le coucher.
  • Une heure régulière de coucher. L’adulte a besoin de sept à neuf heures de sommeil. À vous de fixer, avant minuit, une heure de coucher habituelle qui respecte ces besoins, selon que vous êtes court ou long dormeur. Plus elle sera ancrée dans une routine, plus l’endormissement surviendra facilement.
  • Un dîner léger et équilibré. À retirer du menu du soir : l’alcool, les aliments gras trop difficiles à digérer qui causent une fragmentation du sommeil, les viandes rouges, qui stimulent. À privilégier dans l’assiette : les féculents, qui favorisent la production de la mélatonine, et les légumes.
  • Couper les écrans. Les écrans ont tendance à nous maintenir éveillés plus longtemps que nous ne devrions non seulement par les nombreuses sollicitations qu’ils proposent en continu, mais aussi par la lumière bleue qu’ils émettent : cette dernière diffère le moment de l’endormissement, car elle inhibe la sécrétion de la mélatonine, l’hormone de l’obscurité qui envoie à notre cerveau le signal qu’il est temps de dormir. Il est donc conseillé de les éteindre au moins une demi-heure avant de vous coucher.

Pour en savoir plus sur sommeil et Alzheimer

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