Les bienfaits d’une activité physique pour un malade Alzheimer

Les bienfaits d’une activité physique pour un malade Alzheimer

Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, l’adage « Un esprit sain dans un corps sain » se vérifie de façon manifeste par les avantages variés que procure une activité physique régulière pour mieux résister à l’évolution du déclin cognitif. 

Pour le corps : restons en forme !

Jusque-là, pas de scoop : la pratique régulière d’une activité physique engendre des bienfaits…physiques ! En voici deux déterminants pour un malade Alzheimer :

  • Elle recule la survenue de la dépendance. En bougeant de moins en moins, une personne âgée s’expose à deux dangers liés au vieillissement : la diminution progressive de la masse musculaire (sarcopénie), qui entraîne un risque de chute, et la fragilité osseuse (ostéoporose), qui accroît le risque de fracture. Autant de facteurs directs de perte d’autonomie ! Ces évolutions ne sont pas inéluctables : en favorisant la mobilité de votre proche par des exercices réguliers adaptés, vous l’aiderez à entretenir ses capacités physiques (force musculaire, équilibre, souplesse).
  • Elle défoule. Par ailleurs, ses habitudes sportives lui permettront également de dépenser son énergie. Cette saine fatigue améliorera deux éléments-clés de son quotidien perturbés par la maladie d’Alzheimer : son alimentation et son sommeil. En stimulant l’appétit, d’une part, l’exercice physique écarte le risque de dénutrition, très présent chez les personnes âgées, à plus forte raison si elles sont atteintes par une maladie neurodégénérative. En défoulant votre proche, ils faciliteront son sommeil et atténueront le besoin de déambuler au lieu de dormir.  

Pour le cerveau : un frein au déclin cognitif

La pratique régulière d’une activité physique agit également sur le cerveau, qu’elle protège à deux stades :

  • Avant les symptômes, elle retarde l’entrée dans la démence. Plusieurs études récentes démontrent que les personnes pratiquant une activité physique modérée ou intense réduisent de près de 30 % leur risque de développer une maladie neurocognitive par rapport à des personnes sédentaires. Comment expliquer que l’exercice physique renforce ainsi les capacités intellectuelles? Notamment parce qu’il contribue à la création de nouveaux neurones et garantit un meilleur débit sanguin cérébral, écartant les risques cardio-vasculaires dangereux pour le cerveau. 
  • Après les symptômes, elle ralentit le déclin cognitif. Même une fois que la maladie d’Alzheimer se déclare, elle évolue moins vite chez une personne habituée à faire de l’exercice que chez une personne qui n’en pratique que très peu. C’est ce que tend à prouver, entre autres, une étude française menée à son terme en 2025 : le suivi, pendant trois ans, de patients pratiquant une activité physique régulière a mis en évidence une baisse de l’accumulation de la protéine tau dans le sang. Comment l’expliquer ? Pour le moment, l’hypothèse avancée est que l’exercice entraîne l’autophagie, c’est-à-dire un mécanisme de nettoyage cellulaire qui ne fonctionnerait pas bien chez les malades Alzheimer. À suivre…

Pour le lien social : un précieux moment de partage 

La pratique régulière d’un exercice physique rompt l’isolement et favorise le lien social. En effet, elle occasionne des rencontres, soit parce qu’elle se déroule dans un lieu public où il est facile de croiser des gens, soit parce qu’elle s’organise en groupe ; de plus, elle facilite la conversation, en fournissant de nouveaux sujets d’échange, positifs et enthousiasmants. C’est une sorte de fenêtre ouverte l’extérieur, qui permet à la personne âgée de sortir de temps en temps la tête du milieu du soin. Un bienfait social d’autant plus appréciable quand on sait que les interactions jouent un rôle déterminant dans la survenue et la l’évolution de la maladie d’Alzheimer !

Pour le moral : adieu, la mauvaise humeur !

De part sa pathologie, un malade Alzheimer est facilement sujet à l’anxiété, à la dépression et aux brusques changements d’humeur. Des troubles psychologiques d’autant moins appréciables qu’ils contribuent à aggraver la maladie. L’exercice physique contribue à les combattre de plusieurs façons :

  • Elle libère des endorphines, des hormones qui améliorent l’humeur.
  • Elle booste l’estime de soi. L’activité physique donne à la personne âgée l’occasion de se confronter à ses limites et de se rendre compte qu’on peut encore les dépasser. Ces petits défis relevés sont autant de façon de retrouver confiance en soi 
  • Elle apprend à gérer le stress généré par la maladie, en agissant sur la respiration. À plus forte raison s’il s’agit d’une activité douce (yoga, marche en plein air) ou d’un exercice de relaxation. Un sentiment de calme et de bien-être apaise la personne. 

Ces bienfaits psychologiques ont été mis en évidence par une étude du Danish Dementia Research Centre : au bout de seize mois, les patients du groupe ayant suivi une programme d’exercices physiques réguliers présentaient beaucoup moins de symptômes de dépression, d’anxiété ou d’irritabilité que les patients du groupe qui n’ont pas pratiqué d’activité physique. 

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